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Vers la fin du monopole bancaire dans le financement des PME ?

La question mérite d’être posée avec le lancement d’Unilend. En effet, cette société a choisi un positionnement original dans la famille du crowdfunding : le prêt aux PME. Et pour en savoir plus sur cette initiative, Business Angel France a interviewé Nicolas Lesur, son co-fondateur.

Unilend

  • Quel est le pitch d’Unilend, Nicolas ?

Unilend est le 1er site français qui permet à tout le monde de prêter de l’argent directement à des PME françaises et de proposer le taux d’intérêt de son choix.

 

  • Pourquoi Unilend ?

Les difficultés d’accès des PME au crédit ne sont un mystère pour personne, la faiblesse des rendements de l’épargne non plus. L’idée est de relier directement les 350 milliards de crédits compliqués à obtenir d’un côté et les 3 900 milliards d’épargne mal rémunérée de l’autre. Le succès spectaculaire des sites qui font ce métier dans d’autres pays depuis plusieurs années nous a encouragé à créer ce système nouveau en France.

 

  • Unilend, c’est pour qui ?

Pour les entreprises qui veulent une alternative plus souple et plus rapide au financement bancaire et pour les épargnants qui veulent savoir à quoi sert leur argent et un rendement attractif.

Côté emprunteur, toutes les entreprises qui sont inscrites auprès du registre du commerce et des sociétés et qui ont clôturé leur 3ème exercice comptable peuvent présenter un projet directement sur le site Unilend. A partir de là, il importe que l’entreprise ait raisonnablement les moyens de rembourser les échéances mensuelles prévues.

Côté prêteur, tout le monde peut formuler des offres de prêt, particuliers ou entreprises, à condition d’être majeur et résident fiscal français. Bientôt, tous les résidents fiscaux européens pourront prêter.

 

  • Comment ça marche Unilend ?

Les entreprises présentent un projet à financer. Unilend évalue leur capacité de remboursement et sélectionne les plus pérennes. Seuls les projets retenus sont présentés aux prêteurs. Chacun d’eux choisit librement le projet, le montant et le taux d’intérêt auxquels il souhaite prêter son argent. Dès que la somme est réunie, l’entreprise retient les meilleures offres. Unilend lui remet son financement puis organise tous les mois les remboursements des prêteurs. Les flux sont opérés par un établissement indépendant de nous, la SFPMEI qui est l’opérateur de Moneo et qui est, comme nous, agréé par la Banque de France.

Très concrètement, nous avons permis à la société 727 Sailbags d’emprunter 100.000 euros en trois semaines auprès de 169 prêteurs pour financer l’ouverture de leur première boutique parisienne rue du Jour.

 

  • Quid de la sélection des dossiers à financer ?

Pour nous, la confiance mutuelle entre prêteurs et emprunteurs est primordiale. Nous présentons donc des entreprises dont nous pouvons raisonnablement attendre qu’elles remboursent leur crédit. Nous opérons une première sélection avec le concours d’Altares Dun&Bradstreet, leader mondial de l’information financière sur les entreprises. De facto seule la moitié la plus saine des entreprises françaises peut présenter un projet. Ensuite, notre comité des risques étudie chaque projet individuellement. L’objectif est de s’assurer que le projet correspond à un besoin que l’entreprise sera raisonnablement capable de rembourser.

 

  • Quelles garanties donnez-vous aux prêteurs ?

La première de nos garanties c’est d’être les seuls à opérer dans un cadre légal. Au terme de discussions approfondies menées très en amont du projet avec la Banque de France et l’AMF, nous sommes agréés par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution qui dépend de la Banque de France. Cet agrément et le partenariat avec la SFPMEI assure aux prêteurs que l’argent prêté est directement versé à l’entreprise. Ensuite, notre partenariat avec Altares permet d’assurer la solidité de l’analyse des projets : les entreprises présentées sont saines et possèdent au moins trois ans d’existence. Statistiquement parlant, le risque de défaillance des entreprises retenues n’excède pas 0,7%. Nous garantissons également que les projets qui ne réunissent pas la totalité de la somme souhaitée ne sont pas financés : les prêteurs récupèrent alors immédiatement leur argent.

Enfin, nous permettons et encourageons les prêteurs à répartir le plus possible leurs prêts : ils peuvent prêter à partir de 20 euros par projet.

 

  • Quel est votre business model ?

Le service est entièrement gratuit pour les prêteurs. Nous nous rémunérons auprès des emprunteurs et uniquement en cas de succès. Nous prélevons 3% du montant collecté lorsque la somme est réunie intégralement et remise à l’entreprise puis, pour gérer les remboursements tous les mois, nous prenons une commission équivalente à 1%/an du capital restant dû.  Il n’y a aucun autre frais. Au final, les premières entreprises que nous avons financées nous affirment que cela revient moins cher que dans les circuits bancaires.

 

  • Comment Unilend s’est financée ?

Avec mes trois associés, nous avons doté l’entreprise d’un capital conséquent pour lancer le service et assumer les premiers mois d’exploitation. Nous sommes en train de finaliser une augmentation de capital d’un million d’euros auprès de professionnels de la finance et d’entrepreneurs de l’Internet pour accélérer notre développement.

 

  • Parle-nous de l’équipe, Nicolas

Nous avons constitué une équipe volontairement large avec des expériences et des tempéraments variés. François Prioux a une double expérience réussie d’entrepreneur (firstinvest.com) puis de financement bancaire des entreprises. Martin Comar et Louis Prunel sont des entrepreneurs spécialistes du web et du marketing. Pour ma part je connais intimement le monde de l’épargne puisque j’ai dirigé le marketing de la banque Neuflize OBC et de la société de gestion Financière de l’Echiquier. Nous avons aussi réuni un comité d’orientation stratégique composé d’Arnaud Poissonnier, le fondateur de babyloan.org et grand spécialiste de la finance participative et solidaire en France, de Pierre-Henri Cassou qui a notamment été Secrétaire général de la réglementation financière à la Banque de France pendant 17 ans et de Claude Rousset qui possède plus de trente d’ans d’expérience dans le crédit aux PME. Nous discutons avec d’autres personnes pour élargir ce comité. Enfin, nous avons démarré avec deux salariés et nous sommes en train de recruter quatre personnes pour étoffer l’équipe.

 

  • Unilend dans 3 ans ?

Nous espérons avoir bâti un nouveau mode de financement reconnu pour les PME. Concrètement, nous visons 150 millions d’euros de projets financés et 1 milliard dans cinq ans.

 

  • Le mot de la fin, Nicolas

Ce n’est que le début !

 

Merci Nicolas et tous nos voeux de réussite à Unilend !

 

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6 Réponses à Vers la fin du monopole bancaire dans le financement des PME ?

  1. Julien Mechin 15 décembre 2013 at 22:53 #

    Excellente idée!! Selon moi, il est évident que c’est une tendance inéluctable. Je trouve aussi que le titre de l’article est bien choisi, et je me questionne justement sur l’aspect juridique de cette activité! Ne s’agit il pas d’un appel public à l’épargne, qui est précisément protégé par un monopole des banques ?

  2. Philippe Geffroy 4 janvier 2014 at 10:35 #

    Excellente idée (j’ai ouvert un compte hier soir) don je découvre qu’elle est jeune, ce qui explique sans doute le faible nombre de dossiers disponible. je suis heureux de voir les ambitions élevées….

  3. Unilend 7 janvier 2014 at 16:49 #

    Bonjour @Philippe Geoffroy,

    C’est très encourageant de voir des gens enthousiastes comme vous soutenir le projet Unilend et je vous transmet de la part de toute l’équipe un grand merci.

    Dans les semaines vous verrez de plus en plus de projets.

    A très vite sur Unilend !

  4. pierret 8 février 2014 at 17:46 #

    bonjour : j espere que votre objectif serat d aider les petites entreprises qui sont exclu des banques des quil y a des difficulter de tresorerie rencontrer suite a la conjoncture
    comme ce que je connais actuellement avec le credit agricole qui me laisse casiment tomber et que jais toujour honorer depuis la creation de mon entreprise en 1998 mes emprunts chez eu
    bonne reussite
    cordialement
    remy pierret

  5. Unilend 10 février 2014 at 12:32 #

    Bonjour Rémy,

    Nous étudions aussi les projets de petites entreprises qui veulent financer leur besoin de trésorerie.

    N’hésitez pas à nous contacter si vous en ressentez le besoin.

    Bien à vous et à très vite sur Unilend !

  6. Canberra 3 juillet 2015 at 22:12 #

    Bonjour,

    1 an et demi plus tard, la fin du monopole bancaire a effectivement été prononcée. Pour autant, il semble que le crowdfunding n’est pas qu’une ressource alternative là où les banquiers souhaitent se désengager (contrairement à qui était légitimement supposé au départ). La progression mondiale de ce secteur montre une véritable tendance de fonds, qui fait de ce secteur un nouveau pan de l’économie. Le fait de connecter l’entrepreneur directement avec l’investisseur ouvre de nouvelles perspectives, à l’image de ce qui se passe dans beaucoup d’autres secteurs grâce à l’économie numérique.

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