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Startups : erreurs sur la concurrence

Merci au Journal du Net qui a diffusé ce billet sous le titre Startups, ne vous trompez pas de concurrent

A l’écoute de milliers de pitches comme business angel, j’ai constaté qu’il y a fréquemment erreur sur l’analyse de la concurrence. Je m’explique : alors que la startup « ELGOOG » m’explique triomphalement qu’il n’y a aucun concurrent sur son marché estimé à 10 milliards d’euros, comme business angel j’ai déjà vu passer dix dossiers similaires comme « KOOBECAF » ou « RETTIWT ». Des exemples ? Je pense particulièrement au secteur de la découverte sociale, nouvelle pensée unique des startups.

Et là je dis attention danger, amis startuppers. En effet, ce n’est pas parce que vous n’avez pas identifié de concurrent direct (ce qui au passage n’est pas souhaitable) que des petits futés comme vous ne sont pas en train de finaliser leur projet. Et oui, les choses ont changé. En 1990, quand j’ai créé Juste à temps, la terre était encore ronde ! Depuis 2000 et l’émergence d’internet la terre s’est aplatie. Donc, si vous avez une idée géniale, il est probable que vos petits copains l’aient aussi. Ou si ce n’est pas le cas, c’est probablement que l’idée n’est pas si géniale ! Et c’est quand même embêtant pour vous et vos investisseurs, alors que vous avez valorisé votre idée 1 million d’euros (le minimum syndical !) de découvrir au moment du lancement qu’un projet identique en est au même stade ou qu’un projet voisin, conscient des difficultés sur son secteur d’origine, se recentre sur le vôtre.

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Donc voici 4 conseils pour vous adapter à cette nouvelle donne

1. Dans votre business plan, distinguez la concurrence existante (c’est assez facile) et la concurrence potentielle (c’est plus difficile) composée de projets en cours et d’évolutions possibles de business models vers le vôtre.
2. Mettez en place les outils de veille pertinents. Comme ce n’est pas ce qui manque, recoupez-les et actualisez-les en permanence. En ce qui me concerne, pour mon activité de business angel, je suis notamment « startup » et « business angel » sur Google alertes, Scoopit et Twitter. Au fait, on est entre nous, je suis preneur de vos conseils à mon âge canonique de presque 55 ans. Moi, Madame, Monsieur, j’ai travaillé avec le Minitel !
3. La France, n’en déplaise à nos politiques démagos, c’est un petit pays au niveau d’une startup. Donc raisonnez au moins au niveau européen et soyez ouvert aux USA et à l’Asie.
4. Jouez collectif : en effet, c’est beaucoup mieux de fédérer deux projets voisins et de viser l’international que de se battre tout seul et rester franco-français. Et oui, seuls les projets d’envergure (en matière d’idée et de capitaux…), portés par des équipes talentueuses et complémentaires, réussiront. Tiens, ça me donne l’idée de lancer www.mariagestartups.com, le Meetic du rapprochement entre startups.

Et, dernier conseil pour la route, ne soyez pas obnubilés par votre concurrent direct, vous allez vous faire mal. Dites-vous plutôt que ce qui est difficile pour vous l’est tout autant pour lui et que la moitié de son budget de communication va servir à évangéliser votre marché.

Cordialement.

Patrick

10 Réponses à Startups : erreurs sur la concurrence

  1. ARAKI 9 avril 2012 at 14:06 #

    J’aime l’idée de mariagestartups.com !

  2. Cédric Labeau 10 avril 2012 at 6:20 #

    C’est impossible d’être tout seul sur un marché et encore moins de le rester si le besoin est existant. Connaitre la concurrence c’est important pour se positionner mais attendre de trouver une idée qui n’existe pas du tout pour lancer sa startup, c’est assez utopique.
    C’est pour ça qu’aujourd’hui il faut sans cesse innover quelque soit le domaine.

  3. maya 11 avril 2012 at 19:03 #

    Ca me rappelle un de mes anciens profs (ex CFO de Intel) qui dit toujours – s’il n’y a pas de concurrents, il n’y a pas de marché ou c’est tellement petit que ce n’est pas rentable, ce qui revient au même… 🙂

    Sinon pour les projets qui naissent, je me permets de recommander aussi à regarder un peu les évènements pour les start-ups (comme ceux organisés par Girls in Tech etc) ou bien les sites des incubateurs qui décrivent brièvement les projets en cours de développement… Je dois être d’accord avec vous que ce ne sont pas les concurrents directs et bien installés (souvent endormis) qui représentent un danger qu’on puisse sous-estimer. Ce sont plutôt des start-ups/projets avec beaucoup d’idées et de courage qu’il faut surveiller…

  4. Youssef 12 avril 2012 at 21:27 #

    Voilà qui me donne le sujet de mon prochain article : merci !

  5. remijonquieres 17 avril 2012 at 8:57 #

    Bonjour,
    D’accord avec votre analyse :
    Les idées sont toujours dans l’air avant de se poser…
    Ma précédente entreprise (exit pour 5 M€) n’a jamais si bien prospéré que lorsque mes concurrents ont copié mes solutions (on était dans les solutions de contrôle d’accès aux immeubles résidentiels). L’important est d’être suffisamment objectif (on croît toujours l’être), d’être en harmonie avec les aspirations secrètes du marché que l’on connait et d’être dans l’action positive et créatrice.
    A part ça, je cherche dans les 70 k€ pour compléter mon lancement (oui, j’ai tout réinvesti dans mon nouveau projet et il ne me reste plus rien…). Si intérêt à en savoir plus : remi@oyoma.net
    A bientôt,
    Rémi

  6. Romain 27 avril 2012 at 11:45 #

    Patrick, j’arrive avec un outil de veille pertinent et facile à utiliser 🙂

    Coming soon !

    Romain

  7. hannedouche 27 avril 2012 at 11:48 #

    Romain, Business Angel France réserve l’exclu du lancement !
    Amitiés.
    Patrick

  8. Romain 27 avril 2012 at 12:00 #

    Ok ok 🙂

    Pas de soucis pour l’exclusivité sur le lancement. On lance une landing page semaine prochaine qui donnera quelques éléments sur le produit et où il sera possible de laisser son adresse mail. Ce serait encore mieux de commencer par là 😉

  9. remijonquieres 27 avril 2012 at 12:03 #

    Bonjour,

    Vous en dites trop ou pas assez. On aimerait des détails !

    A bientôt d’en savoir plus.

    Rémi

  10. Romain 27 avril 2012 at 12:32 #

    Très bien Rémi. En 2 mots, Digimind est la solution la plus complète en matière de veille d’information. Elle équipe les cellules de veille de grands comptes.

    Je travaille sur une version extrêmement simplifiée de notre produit dédiée à la veille concurrentielle. Elle vise à être utilisée par des personnes dont la veille n’est pas le métier (chef d’entreprise, Marketing, stratégie, consultants, analystes…).

    En espérant vous voir au rendez-vous de la Bêta !

    Cdt,

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