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Startups, comment analyser sa concurrence ?

Sympa, le ping-pong avec Youssef ! Suite à ma tribune sur le Journal du Net Startups, ne vous trompez pas de concurrents voici sa position et ses conseils.

« J’ai bien assez de ma boîte pour ne pas en plus m’obséder sur d’autres qui me seraient comparables. Du reste, de telles entreprises n’existent pas ou  bien si, il y en a bien une ou deux, mais elles sont d’une telle médiocrité que ce n’est pas la peine de les mentionner… » Un entrepreneur anonyme

Sauf que… un homme averti en vaut deux et mieux vaut prévenir que guérir. Sony aurait bien aimé voir venir l’iPod et Facebook a noué un partenariat avec Skype parce qu’il savait que Google+ allait entrer sur son marché avec un dangereux service de chat vidéo.

Mais comment identifier la concurrence dans un monde aux changements aussi rapides et où, à mesure que le logiciel dévore le monde, elle peut provenir de n’importe où ?

Plus qu’avec un simple objectif défensif, identifier la concurrence aide à valider sa stratégie , son business model, à identifier des partenaires (coopétition…), des acquéreurs potentiels, etc.

D’autre part, si j’ai employé le terme de cartographie, c’est qu’à l’époque du storytelling, je crois que ce qui se conçoit bien se dessine clairement.

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Voici maintenant une méthodologie.

1) Axe n°1 : la chaîne de la valeur

Ce concept enseigné dans toutes les business schools est un des rares qui ne soit pas « pipeau ». Je n’aime pas la définition de Wikipédia car elle le polarise sur l’avantage concurrentiel. Je préfère partir du problème client résolu : écouter de la musique où que je sois, me déplacer en ville de façon écologique, etc.

Ensuite, il y a deux types d’entreprises : celles qui couvrent toute la chaîne pour résoudre le problème client et celles qui se concentrent sur un de ses maillons.

2) Axe n°2 : définir un second critère

Ce doit être un axe clivant, qui coupe en deux pour ainsi dire tous les acteurs. Par exemple, dans le cas de Madmagz, le service proposé comprend de l’impression ou pas. Ce pourrait aussi être approche logicielle vs approche service. Dans la téléphonie mobile, ce peut être l’usage ou non d’Internet.

3) Définir les concurrents

Ce sont les acteurs qui apportent  le même type de solution que vous, même si c’est au moyen d’une approche différente; par exemple une agence de communication peut réaliser des brochures mais on peut aussi en faire sur le site de VistaPrint.

4) Définir les produits de substitution

Ce sont les solutions alternatives utilisées par les clients pour résoudre leur problème. Cette partie est à soigner particulièrement car c’est là, dans l’ombre, que l’ennemi est tapi ! Ainsi, au lieu de réaliser une brochure pour présenter sa société, on peut créer un blog, un magazine, etc.

Et voilà ! Nous sommes prêts à faire un dessin.

Ce schéma étant stratégique, j’ai gommé les noms des acteurs, mais vous avez la vision. Pour le maintenir à jour, il suffit de se mettre en veille en suivant les bons conseils de Patrick et en s’abonnant aux tweets ou au blog d’une personne bien informée de son secteur (il y en a toujours).

So what me direz-vous ? Cela peut en effet paraître éloigné des préoccupations de l’entrepreneur. Pourtant, après ce travail j’ai aussitôt identifié ce qui faisait qu’on était unique sur le marché et c’est une chose que j’avais négligée dans le programme de R&D de cette année. Et cela m’a permis aussi d’identifier un partenaire stratégique qui maîtrise une brique cruciale de la chaîne de la valeur dont je vais bientôt me rapprocher.

Plus « high level » : ayant à l’esprit d’une part les quatre mouvements stratégiques types d’une entreprise (diversification, concentration horizontale, concentration verticale et sortie) et, d’autre part, l’évolution du marché vers le tout numérique, je vois très aisément où vont probablement aller les différents acteurs… et je vois aussi qui pourrait être tenté de nous racheter.

Merci, Youssef et vive la concurrence !

 

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5 Réponses à Startups, comment analyser sa concurrence ?

  1. Cédric Labeau 5 mai 2012 at 21:07 #

    Concis et concret, merci pour ton article!

    Le point numéro 4 est souvent oublié et pourtant c’est l’un des plus importants.
    Quand on propose une solution innovante c’est primordial de savoir comment font actuellement les consommateurs pour résoudre le problème auquel on veut s’attaquer.
    Et bien souvent on découvre le pire des concurrents…les habitudes des consommateurs 🙂
    Allez je me fais de la pub pour un article de mon blog qui traite de ce sujet et qui rejoint ce point numéro 4 😉

  2. Stéphane de QuiRecherche 10 mai 2012 at 11:59 #

    Savoir cerner ses concurrents, que ce soit avant le lancement d’une activité ou pendant son développement est primordial. Et comme vous le dîtes si bien : elle peut venir de n’importe où.
    Prenons la peine de nous tenir informé : de bonnes idées ou des collaborations fructueuses pourraient même en naître !

  3. BROUCHET André 11 mai 2012 at 8:52 #

    Vous parlez d’or, les amis… Pour moi cependnat, tout concorrent identifié est un de mes partenaires, mais qui ne le sait pas ou ne le croit pas.
    Partenaire sur quoi, en quoi, sur quel terrain de chasse ? That’s the question…
    Une conversation « sérieuse » peut éclairer les pistes et permet de savoir si le « Win/Win » est bien là, tout en restant attentif aux diverses tentations de prises de pouvoir de l’interlocuteur, s’il nous sent très faible, là où il est très fort.

    J’aime bien, moi aussi, MadMagz, et sa progression sur un territoire semé d’embûches : la communication inter personnelle et collective.
    Raison de plus de m’y intéresser, voire d’en parler à de futurs « acheteurs » ou « partenaires » ?

    Chi va piano, va sano…
    Le tout est d’arriver, comme dirait Patrick, « Juste à temps » !

  4. Youssef 14 mai 2012 at 19:20 #

    Je n’ai pas été alerté par WordPress et, du coup, je ne découvre vos commentaires que maintenant. Merci donc.

    @Cédric
    Oui, c’est un des premiers murs auquel se heurte l’entrepreneur : le monde tourne sans son idée géniale !

    En effet, André et Stéphane, ce n’est pas en vain que l’on emploie parfois le mot-valise coopétion, cf. Samsung et Apple !

  5. Martinez 16 juin 2014 at 16:58 #

    La veiille est indispensable et c’est tellement compliqué de se tenir au courant des nouveautés de tous ces concurrents. Mieux vaut faire appel à des spécialistes qui maitrisent ce type de travaux!

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