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Rémunération du créateur d’entreprise : RMI, Smic, Twingo ou Mercedes ?

Article de Stéphane Castellani.

Suite aux nombreux retours de personnes souhaitant avoir mon avis, je partage avec vous mon expérience sur ce sujet.

D’un point de vue juridique, les choses sont plutôt simples. La rémunération du dirigeant d’une société est définie en assemblée générale ordinaire des actionnaires.

Ceci étant dit, la question qui ressort est “quel doit être le montant de cette rémunération ?”

Ma réponse est la suivante : “nulle au démarrage”.

Créer une société, c’est accepter de prendre des risques. Tout l’art du créateur d’entreprise est de savoir mesurer ces risques et de savoir les gérer (psychologiquement et financièrement).

Quand vous créez une société, il faut vous attendre à ne pas toucher de rémunération les deux premières années.

Apprenez à vivre comme un pauvre. Avec l’âge et l’évolution professionnelle, c’est de plus en plus difficile, mais il faut s’y efforcer. C’est pourquoi je crois beaucoup au succès des très jeunes entrepreneurs (tout juste sortis des Etudes) : ils n’ont pas besoin de beaucoup pour vivre et peuvent le cas échéant retourner chez leurs parents, c’est un énorme avantage à mes yeux.

Commentaire Patrick : C’est aussi ce que je pense, mais j’ai récemment discuté avec des jeunes diplômés qui m’ont dit qu’ils ne créaient pas leur boite parce qu’ils devaient rembourser l’emprunt sollicité pour financer leurs études. Sinon, un contact : rejoignez le Moovjee, le mouvement pour les jeunes et les étudiants entrepreneurs.

Les premières rentrées d’argent vont servir à investir dans votre produit et à recruter vos premiers collaborateurs. En tant que dirigeant, vous serez la dernière personne à vous payer. Utilisez le peu d’excédent de trésorerie que vous avez pour constituer des réserves financières qui serviront à financer  votre besoin en fonds de roulement et préparer des périodes futures difficiles (gestion des cycles économiques).

Heureusement, la France offre aux entrepreneurs qui se lancent une aide formidable qui s’appelle les Assedic (ARE). La rupture conjointe du contrat de travail avec votre ancien employeur vous permet de vous déclarer à l’ANPE en tant que créateur d’entreprise et de bénéficier de l’ARE pendant la durée des droits acquis (jusqu’à 15 mois).

Il s’agit selon moi de la meilleure aide qui puisse exister à la création d’entreprise en France. Toutefois,  cela présente à mes yeux un gros risque : celui de sous-estimer l’ennemi numéro un de l’entrepeneur, le temps.  Le gros danger de ce système est que vous touchez vos allocations de manière continue et stable pendant toute la durée de vos droits mais qu’elles s’arrêtent brutalement du jour au lendemain. Si vous n’avez pas anticipé cette situation, cela peut s’avérer dramatique pour votre entreprise et votre situation personnelle. J’ai rencontré de trop nombreux cas d’entrepreneurs qui se sont lancés dans un projet en bénéficiant de ce “coussin financier” et qui n’ont pas vu le temps passer. Et il ne faut pas oublier que ce n’est pas parce que vous continuez à toucher de l’argent que votre projet est viable.

Il existe aussi un dispositif appelé l’ACCRE qui permet aux chômeurs créateurs d’entreprise de bénéficier d’exonération de charges sociales pendant la 1ère année.  Je n’ai jamais vraiment compris l’intérêt de ce dispositif dans la mesure où je n’encourage pas les créateurs d’entreprise à se rémunérer au démarrage.

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Et ensuite ?

Payez-vous suffisamment pour assurer votre alimentation et hébergement. Personnellement, je trouve que créer une société nécessite de tels efforts et sacrifices dans sa vie personnelle que si vous vivez de gros soucis financiers de fin de mois, cela va vous créer du stress et de la dispersion contre-productifs.

Par contre, payez-vous en dessous de votre niveau habituel de vie. Cela va vous obliger à faire rentrer de l’argent rapidement pour améliorer votre niveau de vie et vous n’en serez que meilleur. Pour cela, définissez des primes ou dividendes sur atteinte d’objectifs.

Ajout Patrick : Stéphane nous montre bien qûe la motivation principale d’un entrepreneur n’est pas l’argent. Maintenant, attention aux points suivants :

  • si vous avez des actionnaires, bien prévoir dans le pacte vos critères de rémunération pour qu’ils ne s’habituent pas à votre absence de salaire. D’autant qu’avec les modèles économiques internet basés dans un 1er temps sur l’acquisition de trafic, la rentabilité est plus lente à venir que dans l’ancienne économie.
  • faites monter votre salaire progressivement, pour compenser l’arrêt des Assedic et vous mettre la pression. Le mieux est d’indexer votre rémunération à vos résultats.
  • avoir l’accord de votre entourage familial. Les efforts demandés lors de la création sont énormes, donc ne passez pas en force. J’en profite pour remercier, Annie, mon épouse, qui a fait bouillir la marmite au début de Juste à temps

Ajout Patrick du 2 octobre 2016 :

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37 Réponses à Rémunération du créateur d’entreprise : RMI, Smic, Twingo ou Mercedes ?

  1. Guillaume 16 mars 2011 at 10:09 #

    Belle analyse … On oublie trop souvent que créer une entreprise est très souvent accepter une baisse sensible voire totale de la rémunération pendant les premières années de création.

    Dans ce sens, la jeunesse et la stabilité familiale du couple sont essentiels.

    Lorsqu’un créateur / créatrice d’entreprise peut se reposer sur son conjoint (financièrement, matériellement et psychologiquement) afin de se consacrer pleinement au développement de son idée… c’est déjà en parti gagné !!
    Le créateur qui a la chance de pouvoir se consacrer à 100% à son idée et qui n’est pas “pollué” par les difficultés du quotidien gagne beaucoup de temps.

    source : expérience perso.

  2. MikaMiré 16 mars 2011 at 12:25 #

    Attention, le lien vers Moovjee n’est pas le bon.
    Sinon très bon article 😉

  3. Damien T 17 mars 2011 at 0:14 #

    Pas d’accord, il faut se payer normalement, au prix du marché, mais il faut laisser son salaire dans l’entreprise (en compte courant d’associé) de manière à ne pas handicaper la trésorerie de l’entreprise.

    De cette manière, on paye les charge (et donc droit au chômage, à la retraite, etc), on est bien en règle avec sa boîte par rapport à la rémunération de ce que l’on a fait, la boîte ne nous doit pas plus que ce qu’elle nous paye, on n’est pas tenté de mélanger son patrimoine perso et le patrimoine de la boîte, et on ne biaise pas le business plan en cachant les coûts réels d’un dirigeant.

    C’est plus sain!

  4. Stéphane Castellani 17 mars 2011 at 10:24 #

    Merci Damien pour cette réaction. Je ne partage toutefois pas votre analyse.

    Voici une petite simulation qui éclaircit la situation :

    – Salaire brut versé : 4k€
    – Coût additionnel patronal (à la charge de la société): 2k€
    – Cotisations sociales salariales (à la charge du dirigeant) (25%) : 1k€
    – Salaire net du dirigeant: 3k€
    – Coût total pour l’entreprise : 6k€
    (PS: pour les régimes TNS, les cotisations sont un peu moins lourdes)

    Si vous remettez l’argent en compte courant d’associé (3k€), non seulement vous avez amputé la trésorerie de votre société de 3k€ (coût total de 6k€) mais en plus vous allez devoir payer l’impôt sur le revenu sur le salaire touché (alors même que vous risquez ne plus pouvoir récupérer l’argent remis en compte courant, si la société ne décolle pas).

  5. Ben 17 mars 2011 at 18:26 #

    Je ne partage pas du tout votre point de vue. Je pense au contraire, que dès le départ le dirigeant doit se sortir un salaire et ce pour plusieurs raisons :
    – tout travail mérite salaire
    – assurer son quotidien, son loyer, son alimentation
    – éviter le stress pour faire rentrer un revenu
    – se retrouver dans une situation délicate (à titre personnel), si le projet ne décolle pas

    La seule solution, c’est le prévoir dès le départ dans le BP.

  6. Stéphane Castellani 17 mars 2011 at 20:27 #

    Merci Ben pour le débat.

    C’est justement tout l’intérêt du dispositif de l’ARE (Assedic) proposé par l’Etat : vous assurer un revenu le temps de bâtir votre projet. Ensuite, ou bien la société a du cash à verser (tant mieux), ou bien elle n’en a pas ou peu (et il faut donc faire des arbitrages).

  7. Nathael 18 mars 2011 at 14:41 #

    Personnellement je pense qu’il manque une information importante : cela dépend COMPLETEMENT du type d’entreprise, du secteur d’activité, et de sa taille.

    Un artisan, ou un travailleur en profession libérale (vous savez, la première entreprise de France, dixit la pub) se doit de dégager un salaire dès la première année car les charges ne sont pas payées sur le salaire, mais sur le chiffre d’affaire !!! (sauf investissement lourd, mais même dans ce cas, si il ne se paye pas, c’est que le business plan est mal monté)

    Et je suis parfaitement d’accord avec Ben

    On créé une entreprise pour en retirer un bénéfice, pas pour faire gagner des sous aux autres !

    Il me semble qu’embaucher du personnel avant de se payer un salaire est ridicule, ou alors c’est que l’entrepreneur créé une entreprise qui ne lui correspond pas car il n’est pas capable de la faire vivre seul (et qu’il ne connait pas son métier), ce qui est voué à l’échec (sauf cas d’un “investisseur”, qui pourrait alors très bien se passer de salaire pendant dix ans …).

  8. Philippe Bloch 20 mars 2011 at 17:53 #

    Comme d’habitude, ce qu’écrit Patrick est plein de bon sens…

  9. Sélim 9 mai 2011 at 1:19 #

    Merci beaucoup pour ce très bon article !

  10. Guillaume 9 mai 2011 at 6:44 #

    Bel esprit que de profiter des ASSEDIC pour créer son entreprise… Faites attention quand vous ecrivez des articles, des gens peuvent être influencés. Lisez le droit du travail, le droit des sociétés et le droit fiscal, et après vous pourrez parler. Il existe des possibilités nombreuses et différentes du statut social du dirigeant, des formes de sociétés et des professions qui impliquent des stratégies et approches de l entreprise très variées. Écrire ce genre d’ article est assez significatif du manque de volonté des gens de s informer, de la tendance du je sais tout sur tout. Attention donc…

  11. Stéphane Castellani 9 mai 2011 at 14:59 #

    Bonjour Guillaume,
    Je ne partage pas votre remarque. Il faudrait tout d’abord définir ce que veut dire le mot “Profiter”. Profitons-nous en France du régime de sécurité sociale, profitons-nous du régime des retraites, profitons-nous des allocations familiales ? Je pense que ce sont des questions intéressantes mais qui font l’objet d’un autre débat. Le dispositif que je mentionne n’est en aucun cas une “arnaque” ou “détournement” mais bel et bien un dispositif créé par l’Etat pour inciter à la création d’entreprise. Le but n’est bien évidemment pas d’aller se dorer la pilule au soleil, je pense que vous l’aurez compris.

  12. R.L 4 août 2011 at 20:37 #

    Ca reprend un peu l’histoire de la cigale et la fourmi

  13. R.l 4 août 2011 at 20:42 #

    “Pour cela, définissez des primes ou dividendes sur atteinte d’objectifs.”

    J’aime énormément cette idée, cela motive à se “bouger” d’avantage.

    Enormement de nouveaux entrepreneurs au bout de 6 mois roulent en mercedes ou autre, car les premiers euros qu’ils font de bénéfice leur brulent presque les doigts. Et au bout de quelques années ou quelques mois même, ferment leurs portes car ils n’auront pas eu cette mentalité que vous expliquez dans cet article d’investir quasiment tous les bénéfices dans le développement et l’évolution de l’entreprise !

    En tout cas très bon blog et super façon de penser dans cet article !

  14. Hautecouverture 2 septembre 2011 at 13:27 #

    D’une facon plus générale, il n’y a pas de recette miracle, et le salaire d’un dirigeant dépendra surtout de la forme juridique d’une entreprise ainsi que de la nature d’un projet.

    Aujourd’hui agé de 48 ans, j’ai décidé avec 4 autres collégues(associés franco-allemand) de créer notre projet internet (easy-marche.com).
    La préparation de notre concept/cahier des charges à duré presque deux ans. Nous avons choisis de travailler à ce projet pendant notre temps libre, plutôt que d’en faire une activité principale nous diminuant ainsi un facteur de stress suplémentaire(perte de salaire). Nous avons certe moins de temps libre, mais sommes moins contraint par une obligation immédiate de résultat. Un travail suplémentaire reste la motivation du team/associés et un maintient des objectifs. Je suis concient, qu’un projet non financé avance nettement moins vite qu’avec les capitaux nécessaires, mais nous gardons la maitrise et l’évolution de ce projet entre nos mains.

    Le status de l’entreprise :sarl à capital variable- nous laisse suffisamment de flexibilité et nous fait encore économiser sur les charges de l’entreprise: pas de salaires pas de charges salariale.

    Même sì l’état offre des possibilité d’aides lors de la création d’une entreprise, aides qu’il n’est possible de prendre en compte qu’à titre personnel, le problème essenciel reste le financement d’un projet ou la mauvaise diffusion des informations relative aux aides réellement disponibles pour la création d’entreprises( je ne fais pas allusion aux disposition de l’ACRE ou autres similaires).

    Je préconise cependant lors de création d’un projet important, de s’entourer de profils compétants, ainsi deux postes clés très importants ont été attribués / recherchés (en échange de parts sociales) une comptable et un un juriste.

    Ce tread est bien traité mais trop généraliste à mon avis.

    Cordialement
    Eric.H
    CEO mwa-tech

  15. JérômeM 26 juin 2012 at 18:32 #

    Eh bien merci! Après pas mal de recherches, je trouve enfin quelques réponses à mes questions dans ce billet. C’est bien rare de voir ce type de sujet traité sur un blog. Du coup, je me permets quelques commentaires, même si le billet date un peu.

    OK pour ne pas se verser de salaire tant que la santé de l’entreprise ne le permet pas. C’est une évidence.
    En revanche, je pense que le chômage est une “assurance” contre la perte d’un emploi, et tant mieux si ça permet à certains de se lancer dans la création d’entreprise. Et je porte un jugement plutôt négatif sur l’idée de négocier un licenciement pour toucher le chômage, dans le but de créer son entreprise. trop facile et pas très civique comme méthode.

    Alors il reste le système D, toujours plus difficile: c’est par exemple négocier avec son employeur un départ progressif, prendre sur les temps libres..et ses économies. Tout ça, c’est des bons réflexes pour la suite. Mais c’est dur!

  16. Blondie 6 juillet 2012 at 17:07 #

    bonjour Stéphane

    J’ai une question, après avoir lu toutes ces remarques, comment un dirigeant d’entreprise vit sans salaire ? je suis en ce moment à me demander ce que je dois faire, créer une SAS ou être AGENT COMMERCIALE ?
    dans le premier cas, pas de salaire dans l’autre également mais
    je peux bénéficier de ARE, j’avoue que j’hésite , je suis allé aux pôle emploi , la personne qui m’a renseigné ne m’a rien appris de plus à part une ponction sur mes allocations, de 592€ si je créée une entreprise sans prendre de salaire ! ça motive ……. quel est le plus intéressant afin de payer moins de charge ? tout en restant dans la légalité,bien sur !
    merci d’avance pour votre réponse

  17. stef_looknbe 15 juillet 2012 at 23:52 #

    Bonjour Blondie,
    Pour répondre à votre 1ère question « comment un dirigeant d’entreprise vit sans salaire ? » : créer son entreprise, c’est se vouloir libre et mener sa vie comme on l’entend et c’est aussi trouver les moyens de vivre, au début sur ses propres économies puis à travers de paies progressivement croissantes (je conseille de commencer très bas).
    Pour ce qui est de l’ARE et de la ponction de 592€, je trouve cela totalement normal. C’est un formidable coup de pouce de l’Etat de pouvoir continuer à toucher des aides alors qu’on ne cherche plus d’emploi et qu’on monte son projet.
    Bon courage !

  18. sandrine 17 septembre 2012 at 11:10 #

    Bonjour Stéphane

    Dite moi quoi faire car j ai crée mon entreprise jai ou le droit a accres et on ma coupe le chômage ( mes droit l aidée que j aurais du avoir) donc je ne toucher rien.
    Que faire car s difficile de vivre sans rien surtout que j ai 2 enfants.

  19. stef_looknbe 17 septembre 2012 at 11:19 #

    Bonjour Sandrine,
    Si vous avez créé votre entreprise pendant que vous êtes au chômage :
    1/ Vous touchez 500€ de mois par mois jusqu’au 15e mois
    2/ Votre durée d’allocations est réduite à 15 mois.
    Si par la suite votre projet échoue, vous pourrez prétendre aux droits restants.

  20. sandrine 17 septembre 2012 at 13:25 #

    Re bonjour

    oui j était au chômage quand j ai crée mon entreprise.
    Mais ou je doit me dirige pour toucher cet aidée je suis perdu.
    Et merci d avance pour votre aidée.

  21. Jenny 25 septembre 2012 at 16:41 #

    Bonjour, j’aurai besoin d’aide. Voilà j’ai 22 ans et j’ai ouvert un commerce depuis bientôt 1 an (le 15 Octobre 2012 date d’anniversaire). Je n’ai bien sur aucuns revenus depuis le début. J’habite chez mes parents, mais c’est trés dur de leurs être totalement dépendants, sachant que toutes mes économies ont étaient investies dans mon commerce. Je souhaiterai savoir, s’il y a des toutes petites aides afin de m’aider à patienter jusqu’a que je puisse avoir une rénumération? merci d’avance de votre aide.
    Cordialement

  22. stef_looknbe 25 septembre 2012 at 17:38 #

    Bonjour Jenny,
    Je ne suis pas le spécialiste des aides, loin de là. Par ailleurs, je conseille davantage aux personnes qui lancent un business de se concentrer sur la génération de revenus plutôt que sur la génération d’aides (qui vous disperse et ne fait que repousser l’échéance des revenus). 1 an sans revenu, ce n’est pas choquant, loin de là, en général il faut compter 2 ans. Conseil: verser vous un strict minimum au début (200€ par mois par exemple) puis augmenter progressivement à l’aide de primes, cela vous motivera à faire rentrer de l’argent.
    Bon courage !

  23. fizzzico 15 novembre 2012 at 15:41 #

    Bonjour Stéphane,

    L’article est intéressant, mais il par le d’une situation particulièrement privilégiée où :
    – vous pouvez prétendre à l’A.C.C.R.E.
    – vous disposez d’un patrimoine (un emprunt ou le salaire de votre conjoint ou un hébergement à titre gratuit par une connaissance etc.) vous permettant de vivre de peu
    – l’entreprise est rapidement rentable (2 ans).

    C’est loin d’être un cas général!

    J’entends bien l’argument du sacrificiel qui dit que “Créer une société, c’est accepter de prendre des risques”. Le sacrifice c’est une chose, mais c’est surtout une question de dosage. Mettre en avant cette valeur est contre-productif. Se mettre volontairement en situation d’esclavage et de survie pour sa boite n’a pour moi rien d’héroïque… c’est une connerie. Mes besoins passent avant ceux de mon entreprise, car il vaut mieux que ce soit mon entreprise qui soit détruite plutôt que ma santé, mon couple, mon cercle d’amis…

    Que l’entrepreneur s’assure de disposer d’au moins un SMIC en terme de ressources (tant mieux si l’ACCRE suffit!) me parait être un investissement tout à fait légitime et utile.

  24. Skoale 5 mars 2013 at 19:04 #

    Bonjour,
    J’ai créé mon commerce il y a 6 mois, je n’en tire aucune rémunération et j’ai opté pour l’ACCRE sous forme de capital (45% de mes droits versés en deux fois). Les économies que j’avais ont été investies dans mon affaire et d’ici trois mois j’aurai épuisé les fonds versés par Pôle emploi. Je sais que mon entreprise ne sera pas suffisamment rentable pour me payer d’ici là. Donc, je n’aurai plus aucun revenu…
    J’ai besoin de ma voiture pour me rendre sur mon lieu de travail, il faut que je paye mon loyer et autre charges du quotidien.
    Suis-je voué à arrêter cette noouvelle activité, pour me retrouver au chômage et pouvoir vivre avec les 55% restant? Je n’ai pas de solution…

  25. stef_looknbe 5 mars 2013 at 19:55 #

    @Skoale,

    Ne vous mettez pas en péril personnellement au point de ne plus pouvoir vivre … Utilisez ses économies et prendre des risques est une chose, ne plus avoir de quoi manger et se loger en est une autre. Et surtout, ne tombez pas en dépression …

  26. Alexandra 12 mars 2013 at 13:16 #

    Merci pour ces informations pertinentes.
    Cependant, il me semble vital d’intégrer dans le business plan qu’on présentera aux banques, une rémunération même minime, du fondateur de l’entreprise. En effet, tout le monde n’a pas la possibilité de profiter du salaire de son conjoint et des aides versées par Pôle emploi. Moi personnellement, je suis une mère isolée avec deux enfants à charge, qui veux assouvir sa passion créatrice tout en concilant sa vie familiale et sa vie professionnelle. Mais attention, pas à n’importe quel prix!!! J’ai par exemple décidé de me verser au moins l’équivalent du SMIC pendant plusieurs années…histoire de gérer mon entreprise avec un minimum de sérénité.

  27. K-ro 18 mars 2013 at 13:05 #

    Bonjour,

    Je souhaiterai avoir quelques renseignements svp.
    Je suis actuellement employé et je compte monter ma société prochainement.
    Je souhaiterai m’associer avec une autre personne qui est actuellement au chômage.
    Nous avons pensé à monter une société de type Sarl ou Sas… nous sommes toujours en cours de réflexion.
    Cependant, j’aimerai savoir :

    – Lorsque je quitterai mon travail et que je serai au chômage, pourrai je faire une demande d’aide pour la création d’entreprise ?
    – Est ce que l’autre personne avec laquelle je m’associe pourra faire de même ?

    L’objectif serait d’obtenir chacun nos aides et monter l’empire à 2.

    Merci pour votre retour 🙂

    K-ro

  28. COHEN 30 mai 2013 at 2:00 #

    Je suis inquiète et demande de l’aide car je suis presque à 3 ans de la création et ne peut toujours pas me payer. Avec ces temps difficiles, je peux régler charges fixes et fournisseurs mais rien de plus pour le moment. est ce normal? Et viable ?
    Merci d’avance pour vos réponses

  29. @stef_looknbe 30 mai 2013 at 7:42 #

    @COHEN

    Bonjour,
    Je ne sais pas si c’est normal mais il est vrai que le démarrage d’une société est long de nos jours. J’en connais certains qui au bout d’1 an gagnent déjà suffisamment d’argent pour se payer (mais ils sont rares). J’en connais aussi beaucoup d’autres dans votre cas.
    Je dirais en gros qu’il faut 2 ans et que si vous faites des erreurs, cela risque de prendre un peu plus de temps.
    Le point important est : pouvez vous vivre comme cela encore combien de temps ? Sentez vous une dynamique positive dans vos affaires qui vous laisse penser que ça va évoluer sous 6 mois ? Surtout n’attendez pas d’être à sec personnellement pour vous retourner. Dernier point : faites vous également accompagner par une personne avec un regard externe, ca aide à prendre les bonnes décisions

  30. Olive 15 juin 2013 at 17:51 #

    Bonjour,

    Je suis dans le même cas que K-ro.

    Pouvez-vous répondre à son post, cela pourrait m’aider aussi 🙂

    Merci !

  31. stef_looknbe 27 juin 2013 at 14:59 #

    Bonjour,
    Les lois et règlements changent vite, je ne peux que vous conseiller de demander à Pôle Emploi qui saura vous renseigner.

  32. Cécile 31 juillet 2013 at 19:44 #

    Bonjour Stephane,

    Très concrètement, lors de la création d’une scop, avec gérant salarié puisque telle est la loi, peut-on décider d’une rémunération mensuelle de 250 euros, de 100 euros ?
    N’y a-t-il pas de salaire minimum obligatoire ?

    Si ce n’est pas le cas (nous souhaitons transformer une association en entreprise commerciale), quel type de société nous conseillez-vous car nous dégageons un très petit CA mais avons besoin d’une existence commerciale.
    Merci de votre réponse.

  33. Nicolas 22 août 2013 at 9:34 #

    Cet article devrait être lu par tous les jeunes créateurs d’entreprise. Je plussoie.

    Juste la notion de ‘sacrifice’ (qui est en effet le premier mot qui nous vient quand on décide de ne pas se payer, ou de se payer peu), qui selon moi peut être renversée positivement :
    – le salaire du patron les premières années est nul ou faible, ce n’est pas un sacrifice mais bel et bien un investissement (je ne me paye pas, pour payer autre chose qui accélérera la croissance de l’entreprise), afin de pouvoir me payer plus plus tard.

    Cordialement,
    Nicolas.

  34. Caroline 7 mai 2014 at 16:58 #

    Bonjour,

    Cet article est très intéressant, merci. Effectivement, bénéficier de l’ARE durant la création de l’entreprise est un des meilleurs coups de pouce qui soient : sans cela, beaucoup d’entrepreneurs ne se seraient jamais lancés, et combien d’emplois n’auraient alors pas été créés… L’Etat lui aussi investit : il pourra récupérer plus tard en charges et en impôts sur les sociétés ce qu’il a versé au créateur. Finalement, dans ces conditions, créer une entreprise apparaît beaucoup moins comme un “sacrifice”, même si cela n’enlèvera jamais les autres difficultés du parcours.

  35. Vincent 25 mai 2016 at 10:47 #

    Bonjour,

    Je souhaiterai lancer un projet qui nécessite au moins 18 mois de développement, des investissements (frais commerciaux, juridique, comptable, communication et un minimum de matériel) et je ne pourrais pas faire de CA pendant cette période. Sauf que pendant cette période, je dois continuer de rembourser mon prêt immobilier, payer mes charges d’électricité, de santé, de téléphone + internet, frais de véhicules, assurances diverses etc.

    Mis bout à bout, tous ces frais nécessitent de sortir 2400€ / mois. En faisant des sacrifices et en ne mangeant plus que des pâtes, je doit pouvoir réduire à 2100€.

    De ce fait, comment suis-je censé procéder pour payer ces charges pendant ma phase de développement si je ne me verse pas de salaire (je compte travailler à domicile pour cette phase là, sauf lorsque j’aurais des déplacements à faire).

    Pour info, je n’ai pas spécialement d’économie en ce moment et tout le salaire de ma femme sert également à payer les charges et le prêt immobilier (il me faudrait donc en gros, 40000€ d’économies à investir… on est loin du compte).

  36. Stéphane Castellani 26 mai 2016 at 23:42 #

    Bonjour Vincent,
    Vous soulevez un point important. L’enthousiasme est essentiel sur un projet mais il est en effet important de garder les pieds sur terre et de voir la réalité en face. Si vous n’avez pas de quoi couvrir vos dépenses, il vous faudra trouver une source de revenus complémentaires pour lancer votre activité. Cela peut être par exemple la négociation d’une rupture conventionnelle qui vous donnerait droit aux allocations chômage. Si l’équation s’avère impossible à équilibrer, je vous conseille de reporter votre projet à une période plus propice et ne pas mettre en péril votre foyer. Car une fois que la tempête souffle, il est difficile de revenir à bon port.

  37. Japply 6 juillet 2016 at 15:38 #

    Peut-être est-il tout de même recommandé de se tourner vers les aides que peuvent fournir les institutions publiques pour ne pas avoir l’impression de ne faire que subir sa création d’entreprise plutôt que de profiter de son côté excitant.

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