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Business angels, comment choisir vos startups ?

Article de Cédric Labeau

Les fonds personnels étant limités (du moins les miens !) nous sommes bien obligés de faire un choix parmi de nombreuses belles startups.

On dit qu’on apprend plus de ses erreurs que de ses succès. Et pour ma part…j’ai beaucoup appris…

L’objectif de cet article est donc de partager avec vous des expériences vécues par moi-même et d’autres business angels en mettant en avant les points qui me semblent importants d’examiner avant d’investir. Que vous en soyez  à votre premier investissement ou non, j’espère que vous en retirerez quelques idées intéressantes.

Malhonnêteté ou incompétence ?

S’il existe des business angels qu’il vaut mieux éviter, faites également attention à certains  « entrepreneurs ».

Le doux rêveur : Il ressemble à un entrepreneur, il parle comme un entrepreneur mais ce n’est pas un entrepreneur. Ce porteur de projet (inexistant) tente de lever des fonds avec comme arguments une feuille de papier et une idée qu’il valorise évidemment 1M€. En général, le montant recherché correspond étrangement au total des salaires qu’il compte se verser.

Le beau parleur : Il s’agit « d’entrepreneurs » devenus experts dans l’art de lever des fonds mais pas dans celui de lancer un produit. Ils en sont à leur énième levée de fonds, ont des charges d’exploitations (comprenez salaires…) élevées avec leur entreprise mais savent argumenter habilement pour justifier le retard que prend le lancement de leur offre.

Une fois passé ces quelques cas exceptionnels, voyons quelques idées pour bien choisir votre startup.

L’équipe, l’équipe et… l’équipe

Tous les investisseurs vous le diront. L’équipe est LE critère décisif.  Il vaut mieux une superbe équipe avec une idée moyenne que l’inverse.

Une des caractéristiques de la « dream team » est la complémentarité entre les fondateurs. Dans le cas d’une startup web par exemple, un profil orienté plus « commercial » associé à un profil « technique » évite d’externaliser le cœur d’activité de la startup et permet d’avancer rapidement puisque chacun connait son rôle.

Savoir anticiper, écouter, reconnaitre ses erreurs, accepter les problèmes quand ils surviennent, avoir l’esprit ouvert et être passionné par son produit fait partie des qualités appréciées chez un entrepreneur.

Personnellement, si la réponse à cette question « En cas d’échec de ce projet, serai-je prêt à investir de nouveau dans cette équipe ? » est non, je préfère m’abstenir d’investir.

Et ensuite ?

Voici les questions qui me semblent intéressantes de se poser.

La startup répond-elle à un vrai besoin ? Assurez-vous qu’une demande existe réellement ou que l’offre soit facilement modulable sans engendrer des coûts monstrueux ou nécessiter des années de (re)développement.

La solution est-elle innovante ? Si une startup n’ayant aucune « botte secrète » vient se confronter à une concurrence solidement établie, pourquoi les consommateurs viendraient-ils à elle ?

Quel est la taille du marché visé ? Une niche de marché peut être suffisamment intéressante pour justifier la création d’une entreprise mais trop petite pour qu’un investisseur y trouve son intérêt au risque de se retrouver dans l’impossibilité de sortir du capital ou d’en tirer une plus-value convenable.

Quel est le business model ? Personnellement, je me pose la question un peu différemment : « Un business model est-il possible ? ». En effet, certaines startups n’ont pas encore de business model clairement défini puisque celui-ci vient souvent à changer et à s’adapter au marché. Par contre, il arrive qu’aucun business model viable ne semble envisageable.

Quel est le cashburn mensuel? En effet,  les dépenses mensuelles sont-elles raisonnables et en rapport avec le montant des capitaux recherchés ? Si la levée de fonds permet uniquement de tenir 3-4 mois, c’est plutôt risqué !

Quelle est la valorisation ? La valorisation lors de l’entrée au capital est loin d’être un détail puisqu’en cas de réussite la plus-value doit permettre de combler également les gamelles précédentes. Plus vous investissez tôt dans la vie d’une startup, plus vous prenez de risques. Il est normal que vous entriez sur une valorisation raisonnable.

Je suis sûr qu’il existe des tas d’autres idées intéressantes à développer et je compte sur vous pour les partager !

Et n’oubliez pas que la réussite d’un investissement ne repose pas uniquement sur une belle plus-value. L’aventure humaine et l’expérience enrichissante qui en découle n’a pas de prix (et ça permet de se consoler lorsque la startup se plante !).

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6 Réponses à Business angels, comment choisir vos startups ?

  1. CASTEGE 7 octobre 2012 at 14:53 #

    Bonjour,

    Intéressant comme article et en plus synthétique. Merci.

    Par contre, comment un porteur de projet innovant peut il se prémunir contre le piratage de son projet et plus généralement des idées et projets innovants, cela hors brevets ?.

    Cordialement.

    Marcel CASTEGE

  2. Patrick Hannedouche 7 octobre 2012 at 17:47 #

    Cédric,
    Dans “Voici les questions qui me semblent intéressantes de se poser”, je rajouterai :
    – Quels seront les flux de trésorerie de l’entreprise ? En effet, je n’investis pas dans des startups qui par exemple achètent en Chine et paient avant l’expédition alors que travaillant en B to B elles sont payées à 60 jours. Même si la marge est énorme, le financement est un vrai casse-tête … surtout si la boite a une croissance exponentielle. Cash is king, my friends.
    Cordialement.
    Patrick

  3. Cédric Labeau 8 octobre 2012 at 21:00 #

    @Castege

    Je vais être direct;)
    On ne peut pas se protéger. Même les brevets ne sont pas une protection, loin de là. Une idée ne protège pas et de toute façon tu ne pourras pas empêcher qui que ce soit de te copier rapidement.
    La meilleure façon de se prémunir est de développer son produit en même temps que sa communauté d’utilisateurs et d’évangélisateurs afin d’être capable de vite se placer en tant que leader et de revendiquer la “paternité”.
    Ça permet déjà de positionner une première barrière à l’entrée.

  4. Mathieu 9 octobre 2012 at 10:54 #

    Je rejoint Cédric sur son commentaire concernant les brevets…
    Il faut parfois bien se poser la question concernant l’opportunité de poser un brevet. Est-ce qu’il sera incassable? Quel est l’objectif de ce brevet (défensif ou non)? Est-ce que le brevet donnera un réel avantage concurrentiel?
    Bien qu’il soit à mon avis indispensable de “s’offrir” une étude d’antérioté ne serait-ce que pour se prémunir d’un retour de manivelle, il est parfois plus judicieux de consacré l’effort financier et en temps que demande le dépôt d’un brevet à la création de mécanismes permettant de valider les hypothèses faites au cours du temps.

    Pour revenir sur l’article, et notamment en ce qui concerne la valorisation, je crois que ça reste un exercice compliqué à la fois pour l’investisseur et l’entrepreneur lorsqu’on souhaite trouvé une valeur juste.

  5. Youssef 15 octobre 2012 at 23:07 #

    D’accord avec ton commentaire Cédric.

  6. Raphaël 4 novembre 2012 at 16:01 #

    Expert comptable et business Angel, je viens de réaliser mon 1er investissement dans 1 start-up. Et bien, je suis d’accord : ce qui compte, c’est l’équipe et le business model. Quant au prévisionnel financier, en raison de ma profession, je n’y accorde pas une grande importance (ils sont souvent (toujours) faux).

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