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Business Angel France coup de gueule : Faut pas prendre les business angels pour des mougeons

Dans la lignée des PIGEONS dont je soutiens bien sûr l’action, je m’insurge contre les conséquences du projet de loi de finances 2013 sur le financement des startups. Ce n’est pas parce que les business angels (BA)* ont été relativement discrets depuis le lancement du mouvement qu’ils doivent être pris pour des mougeons.

Je m’explique : l’introduction d’un abattement proportionnel et progressif en fonction de la durée de détention des titres (5% pour une durée de détention de deux à moins de quatre ans, 10 % pour une durée de quatre ans à moins de sept ans, puis 5 points par année de détention supplémentaire au-delà de la sixième année pour atteindre 40% la douzième année) ne prend absolument pas en compte la problématique des BA pour qui la taxation des plus-values à 60% risque de continuer à s’appliquer.

Les business angels ne sont pas des vilains spéculateurs

En effet, un BA n’a pas vocation à rester à long terme dans le capital d’une startup. Sachant qu’il se sert de ses success stories (20 % de ses investissements maximum selon moi) pour prendre ses plus-values afin d’éponger ses pertes sur ses nombreuses gamelles et réinvestir dans de nouvelles aventures entrepreneuriales. Et ce n’est pas un vilain spéculateur pour autant. Tout au contraire, ce sont les BA qui permettent à la plupart de nos startups de voir le jour. Prendre des risques ok mais perdre à tous les coups, pas d’accord, mesdames et messieurs les députés ! Et sans business angels, pas de startups. Sachant qu’en France on compte moins de 8.000 BA pour 50.000 en Angleterre, on voit où les startups (tout comme certains BA) vont aller transhumer…

Sinon, pour revenir aux PIGEONS et malgré mon rêve, la mouche de l’entrepreneuriat n’a pas encore piqué notre nouveau président de la république. Alors, j’en remets deux  couches.

Pour une fiscalité européenne

En Europe, la moyenne des taxes sur les plus-values du capital est de 28% contre 34% aujourd’hui en France et plus de 60% envisagés dans le Projet de Loi de Finance 2013. Alors, Monsieur Hollande, avant de lancer des initiatives franco-françaises vouées à l’échec dans une Europe économique ouverte, consultez nos partenaires et mettez-vous d’accord sur un % identique à toute la communauté.

Stages découverte des startups pour les ministres

Devant la méconnaissance avérée du monde de l’entreprise des politiques, je lance un appel à tous les #Geonpi afin qu’ils accueillent en stage découverte dans leurs startups les membres du gouvernement pour une formation accélérée à l’entrepreneuriat. Sachant que Juste à temps se fera un plaisir d’accueillir notre président dans ses nouveaux locaux.

*Le communiqué Etat d’urgence entrepreneurial signé par France Angels

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35 Réponses à Business Angel France coup de gueule : Faut pas prendre les business angels pour des mougeons

  1. jerome camblain 14 octobre 2012 at 10:46 #

    Aux US, le candidat à la présidentielle vient du private equity et désossait les entreprises malades. En France, le président n’a jamais travaillé dans une entreprise.
    Pourquoi la démocratie n’apporte t elle jamais le juste milieu?
    Les pigeons (en tout cas ceux que je connais) et probablement de nombreux entrepreneurs recherchent ce juste milieu: que l’impôt soutiennent la communauté, sans tuer l’entrepreneuriat et donc la création d’emplois.

  2. agnès Fourcade 14 octobre 2012 at 11:26 #

    Complètement d’accord.
    Je propose d’offrir à nos gouvernants une adhésion gratuite à nos réseaux de BA : au bout de 2 réunions ils en sauront assez pour ne pas plomber la création d’entreprises.

  3. Patrick 14 octobre 2012 at 15:55 #

    J’adore votre humour, Agnès, et je laisse les lecteurs de Business Angel France lire votre prose sur http://blog.lefigaro.fr/legales/2012/10/-quil-est-vilain-de.html

  4. Cédric Labeau 14 octobre 2012 at 17:35 #

    Le PLF 2013 est capable de détruire tout l’écosystème qui s’est créé doucement mais sûrement depuis quelques années pour les startups françaises.
    Une taxation stupide et sans réflexion serait dramatique. En espérant que le gouvernement en prenne conscience…

    @Agnès

    Excellent poème 😉

  5. Claire T 15 octobre 2012 at 10:00 #

    Je ne sais pas le contenu de cette loi de finance… Ce qui déjà est en soi un problème politique ; je crains que tout le monde en parle sans bien savoir l’étendue de la chose.

    Car en ce qui concerne la taxation des start-up lors de leur revente, moi je trouve que ce n’est pas du tout une idée idiote, surtout si elle s’accompagne en parallèle de la détaxation des plus values pour les BA ou investisseurs qui sortent à d’autres occasion que le vente des entreprises.

    Car voyez-vous cela nous enlèverait une grosse épine du pied français. Tous ces jeunes qui se croient entrepreneurs à peine sortie de l’école de commerce qui crée des trucs juste pour les revendre. Ces faux entrepreneurs sont la lie de notre économie car ils pompent l’argent public (rare en amorçage) et certainement aussi celui des BA (les gamelles qui font la majorité des dossiers courants dont tu parles Patrick ).

    Ainsi nous aurions beaucoup d’ETI de grosses entreprises…

    Ainsi le défi des BA serait d’accompagner des vraies projets d’entreprises innovantes pas des planches à billets ou des bulles de savons.

    Le diable se cache dans les détails.

  6. Laurent Blondeau 15 octobre 2012 at 12:24 #

    Claire, aurais-je à penser que vous le connaissez le diable…;-)
    Mais j’aime bien. En effet, la France n’est pas à plaindre en ce qui concerne les subventions et aides, et il faut aussi le souligner. Et évidemment mal utilisées voire dévoyées, elles risquent un jour de faire les frais…dans les suppressions, voire les taxes nouvelles. (regardons ce que les abus dans la santé ont fait à la sécu…). De toute manière, il va bien falloir trouver de l’argent quelque part. Si l’idée de taxer quelque part est évident, la lourde levée de protestation vient surtout du fait que ce n’est pas parce qu’on gouverne qu’on doit être aveugle, étanche et voter des textes assez décalés parce que c’est plus simple. C’est ce qui est largement reproché, c’est de ne pas connaître le monde des startups/entreprises/BA…qui porte aujourd’hui pas mal de croissance et de l’afficher comme une vache à lait. Vaches qui au départ n’ont pas beaucoup de lait…

  7. Claire T 15 octobre 2012 at 12:48 #

    Laurent, vous dites : “la lourde levée de protestation vient surtout du fait que ce n’est pas parce qu’on gouverne qu’on doit être aveugle, étanche et voter des textes assez décalés parce que c’est plus simple.”

    Je dirais qu’au contraire, si le gouvernement est parti de la même analyse que la mienne sa décision de taxer les start-ups à la revente est une excellente idée. Et non pas un texte décalé ou hors de la réalité.

    Et donc la lourde levée de protestation viendrait plutôt du fait d’idéologues (généralement installé au USA) que des vrais entrepreneurs qui ont d’autres idées en tête à travers l’entrepreneuriat que de vendre leur boîte.

    Par contre, pour parfaire ce texte, le gvt devrait en même temps favoriser les investisseurs qui investissent dans des boites pérennes.

  8. Patrick 15 octobre 2012 at 13:12 #

    C’est quoi, Claire, une entreprise pérenne ?

  9. Henry 15 octobre 2012 at 14:16 #

    @Claire T

    “Car voyez-vous cela nous enlèverait une grosse épine du pied français. Tous ces jeunes qui se croient entrepreneurs à peine sortie de l’école de commerce …” J’ai cru m’évanouir…

    Ca aussi c’est bien Français d’accuser des jeunes fougueux sans expérience de tous les maux… Faisons vite taire tous ces jeunes, qu’ils nous laissent tranquilles entre gens d’expérience et de raison qui savons que rien ne mérite d’être challengé puisque tout est déjà très bien.

    “Ces faux entrepreneurs sont la lie de notre économie car ils pompent l’argent public (rare en amorçage) et certainement aussi celui des BA (les gamelles qui font la majorité des dossiers courants dont tu parles Patrick )”

    Un business angel qui investi dans leur projet, c’est qu’il pense que le projet est intéressant et possède un potentiel de réussite suffisant pour y risquer des billes. Les jeunes ne lui ont pas mis le couteau sous la gorge…

    Signé : un jeune qui est parti avec rien, a qui on a tout refusé au lancement faute de fonds et de cautions et d’expérience, et qui fait progresser son entreprise depuis maintenant 4 ans sans jamais avoir fait perdre d’argent à qui que ce soit.

  10. Laurent Blondeau 15 octobre 2012 at 14:23 #

    @Henry : bravo aux “jeunes” !
    @Claire : mon propos est bien entendu d’accepter la taxe, elle est nécessaire, mais il faut qu’elle soit juste. C’est le problème du passager clandestin et de “l’affaire” de la taxation à 75% des tranches supérieures de l’IRPP. Lorsque vous gagnez 10, et que pour gagner 1 supplémentaire, il vous en coûtera 2, l’effort est tel, qu’il annihile la motivation pour ce gain supplémentaire. C’est exactement le cas de ces taxes surévaluées, à l’heure où l’on parle…

  11. Patrick 15 octobre 2012 at 14:25 #

    Merci de ton témoignage Henry ! J’adore ton parler-vrai.
    Et sache que les colonnes de Business Angel France te sont ouvertes si tu veux raconter ton aventure entrepreneuriale.
    Cordialement.
    Patrick

  12. Henry 15 octobre 2012 at 15:05 #

    @Patrick, C’est gentil, ce serait avec plaisir.

    @Claire, “Et donc la lourde levée de protestation viendrait plutôt du fait d’idéologues (généralement installé au USA) que des vrais entrepreneurs qui ont d’autres idées en tête à travers l’entrepreneuriat que de vendre leur boîte.”

    Je pense que la passion est un ingrédient indispensable pour faire de grandes choses. Je ne pense pas que les plus belles “sorties” soient les résultats d’une logique unique de “créer pour revendre”.

    Perso je n’arrive que maintenant à un niveau de salaire auquel je pourrai prétendre depuis 4 ans : Je trouve cela normal de pouvoir valoriser le résultat d’une prise de risque financier et personnel.

    Pourquoi entreprendre devrait-il devenir un jeu où l’on est sur de perdre ?

  13. Claire T 15 octobre 2012 at 16:11 #

    Henry je crois que nous sommes d’accord. Ce n’est pas les jeunes entrepreneurs que je fustigeais à travers mon message ! Mais les jeunes sortis tout frais émoulus des grandes écoles de commerce (vous savez ceux qui ont suivi le cursus “entreprendre” dans des formations prestigieuses, et qui ont comme premier “love money” toute la famille). Ils ont si bien appris à présenter leur projet qu’ils raflent toutes les subventions publiques voire ils séduisent tous les comités de BA (c’est pas donner à tout le monde de présenter une super innovation en 5mn).

    Bref ces personnes ne sont pas intéressées par l’objet de leur société, ni d’en faire de grandes sociétés pérennes (comme Microsoft Apple pour ne citer que les plus connues etc…) mais bien plutôt par le fait d’inscrire sur leur CV “entrepreneur”. Donc au bout de 3, 4 ans lorsqu’ils ont épuisé les effets de leviers des financements et qu’ils ne rencontrent pas vraiment un marché (normal ils se fichent de répondre à un vrai besoin), ils vendent leur boîte… puis fort de cette expérience partent dans les grosses boîtes ou à l’étranger se faire rémunérer grassement…

    Vous d’après ce que vous dites de votre trajet vous n’avez pas l’air de sortir de ces écoles : et si vous avez réussi à monter votre projet sans argent public sans BA c’est que votre projet doit être une beau projet ! Et donc vous devriez être content que la loi favorise l’investissement dans les vraies entreprises qui ont vocation à grandir et à se développer même si pour cela il doit taxer fort “les entreprises caprices” d’un moment.

    Je ne pense pas que les plus belles « sorties » soient les résultats d’une logique unique de « créer pour revendre ».

    Je dirais même plus la logique “créer pour revendre” est une logique absurde qui empêche les autres logiques de se développer. C’est pourquoi il faut trouver un moyen de dégoûter les investisseurs d’aller dans ce genre de projet d’entreprise. Taxer sur les plus values à la revente est un bon moyen.

    Cela changera peut-être enfin la donne : depuis 30 ans la France est incapable de se doter de grosses entreprises intermédiaires pérennes.

  14. Claire T 15 octobre 2012 at 16:24 #

    Et bien sûr je suis entièrement d’accord avec l’idée que c’est la passion qui est le moteur de toute entreprise.

    Il n’est pas question que l’entreprise soit un jeu de perdant !C’est pourquoi ces boîtes que l’on revend juste pour se faire de l’argent ne méritent aucune attention… et si on peut leur prélever des taxes pour faire fructifier les vrais projets … n’hésitons pas !

  15. Audrey 15 octobre 2012 at 16:27 #

    @Patrick: hé oui, des politiques déconnectés de la réalité qui pondent des lois inapplicables (comment une société de gestion pourrait payer des taxes sur du carried alors que ses revenus sont très limités? ) ou contre productives (si les entrepreneurs sont sur-taxés, qui va créer des emplois?). je crois que c’est bien la principale leçon qu’on puisse tirer de ce projet de loi!
    Je recommande à tout le monde cette interview de Jérôme Cahuzac, face à une entrepreneur : http://www.bfmtv.com/emission/ Il n’a aucune idée du rode d’un Business Angel!Il pense qu’après investissement, le BA attend tranquillement que le temps passe!!!
    Patrick, ce qui serait bien, ce serait de faire une liste de tous les apports quotidiens qu’un BA fournit à une startup pour lui montrer concrètement votre travail: ouvrir son carnet d’adresse, aider au pilotage quotidien, réorienter la stratégie corporate, etc…

  16. Sylvain Gendrot 15 octobre 2012 at 19:36 #

    C’est fiscalité est, une fois de plus, une stupidité sans non qui sera trouée de milles niches dans 6 mois (ça a déjà commencé avec la niches pour exclure les entrepreneurs …)

    Pourquoi est-elle stupide ?
    1/ Alignement de la fiscalité du capitale sur celui du travail:
    excellente idée, sauf que ce n’est pas un alignement, si vous touchez 2000€ de salaire vous ne payez pas d’impôt (première tranche vers 6000€). Si vous touchez 2000€ de plus-value, vous payez 1200€ de taxe … j’suis nul en math, mais c’est pas un alignement.
    (Ps: je suis pour un alignement, car ça pousserait le petit actionnariat qui protégerait les entreprises de la spéculation et améliorerait la redistribution des bénéfices)

    2/ 12 ans à partir de L’APPLICATION DE LA LOI:
    Donc Claire T, qui a déjà fondé sa boite, devra encore attendre 12ans pour revendre ses parts et être détaxé. Donc par rapport à moi, qui va lancé sa boite, elle devra garder ses parts beaucoup plus longtemps que moi … j’aime l’égalité quand elle est inégale 😀

    3/ comme d’hab, la vision de la fiscalité est pensé sur 6mois. Toute le monde comprend bien que les investisseurs vont conserver leurs parts environ 12ans pour être défiscalisé … donc d’ici 2024, on fait comment ??

    Perso, je ne fais pas parti des pigeons car je ne vois pas l’intérêt, dans 1 an cette loi va être amendée/supprimée/”corrigée” (entourée la bonne réponse).

    Ps: Claire T, ne soit pas si énervée envers les jeunes de grandes écoles, c’est ton morale (et coeur) qui en pâti le plus. 😉

  17. Claire T 15 octobre 2012 at 19:50 #

    Moi je m’en fiche d’être détaxé dans 12 ans ! Je ne fais pas une société pour la vendre je veux la rendre riche la plus riche possible, je veux embaucher plein de monde, pour qu’ensuite elle devienne une belle entreprise mondiale… C’est comme si vous Monsieur Michelin ou Hachette avait créé leur entreprise avec l’idée de la vendre !!!! Ça me paraît absurde.

    Franchement sur BFM, encore une fois les arguments de part et d’autres sont nullissimes et font preuve de courtes vues.

    Enfin, je ne suis pas énervée par les mômes des grandes écoles, je veux juste dire aux BA et à tous les investisseurs qu’ils fassent mieux leurs choix en amont (je suis sûre que dans leur portefeuille ils ont des boîtes telles que je les décris destinée à être vendue ou à mourir), parce qu’en aval, il ne doivent pas se plaindre quand leur ROI suffit à peine à payer les pertes…

  18. Cédric Labeau 15 octobre 2012 at 22:17 #

    @Claire T

    Je suis d’accord qu’on ne crée pas une boite dans l’unique but de la revendre dans 2 ans. Toutefois il arrive qu’un fondateur à la tête d’une startup qui grossit vite, ne se sente pas à la “hauteur” pour l’emmener plus loin et profite d’une occasion pour la revendre.

    Certains entrepreneurs aiment lancer des projets, les faire prospérer mais n’ont pas envie de gérer 3000 salariés.

    De toute manière, je ne vois pas où est le problème de revendre une entreprise même si c’est dans un court laps de temps. Les emplois ne disparaissent pas que je sache 😉

    S’il y a un acheteur c’est que celle-ci a du potentiel. L’entreprise qui rachète une startup a dans l’optique de la faire croitre.

  19. Claire T 16 octobre 2012 at 12:05 #

    Cédric,

    je ne comprends pas ce type de raisonnement : “Toutefois il arrive qu’un fondateur à la tête d’une startup qui grossit vite, ne se sente pas à la « hauteur » pour l’emmener plus loin et profite d’une occasion pour la revendre.”

    Ni celui-ci : “Certains entrepreneurs aiment lancer des projets, les faire prospérer mais n’ont pas envie de gérer 3000 salariés.”

    Pour moi c’est insensé : cela voudrait dire qu’en cas de succès les personnes responsables de celui-ci ne se sentent plus à la hauteur ??? Et pourquoi donc ? Ils se sentent aussi incapables de gérer la suite logique d’un succès ???? Gérer 3000 personnes !!! Je n’y crois pas ! tout cela n’est pas réaliste.

    Ou alors, l’entrepreneur dont vous parlez est un zombie qui lance de projets dont il n’a rien à faire (cela ressemble bien à des projets portés par des jeunes HEC votre truc ! Ou ces faux entrepreneurs de la bulle de 2000)

  20. Cédric Labeau 16 octobre 2012 at 12:43 #

    @Claire T

    Vous avez une seule vision de l’entrepreneuriat et seule celle-ci trouve grâce à vos yeux.
    Personnellement j’ai la mienne mais je respecte également celle des autres dont la vôtre.
    Si vous avez de nombreuses idées en tête, que vous avez envie de créer plusieurs entreprises et ne pas vous contenter d’en faire une seule dans votre vie, pourquoi pas?
    Et par pitié, arrêtez cette fixation sur les jeunes entrepreneurs et les diplômés de grandes écoles.
    La plupart des entrepreneurs que j’accompagne sont très jeunes (moins de 25 ans) et je peux vous dire que leur obsession est de créer un produit révolutionnaire et non pas de s’enrichir facilement.

  21. Claire T 16 octobre 2012 at 13:07 #

    Ce n’est pas une fixation ! C’est une question politique, qui est exactement celle qui est posée par la proposition du gvt que les pigeons ont fait capoter. En France nous n’avons pas assez de grandes entreprises autonomes et indépendantes, avec des entrepreneurs qui croient à leur affaire, qui accumulent du savoir, voire qui réenchantent des traditions à travers leurs nouveaux produits …

    En France tous les investissements toutes les innovations, qui devraient permettre de nous construire collectivement un avenir “radieux”;-), sont détournés de leur objet ; l’argent est spoliée par des projets sans avenir au détriment de projets vraiment sérieux vraiment innovants d’entrepreneurs sans entregent mais avec beaucoup de rêves (qui ne sont que des rêves d’argent)et d’envies d’être utiles à leurs contemporains .

    En effet, une part importante des fonds disponibles (provenant des contribuables) est détournée par :
    – soit par les établissements publics (Grand emprunt…)
    – soit par les grosses entreprises (appel d’offres publics…),
    – soit enfin par les jeunes étudiants des classes favorisées, qui connaissent les langages et les arcanes, et qui par le biais de la création d’entreprise, capte un maximum d’argent public (scientipôle cap décisif etc…) et privé (BA etc…).

    Tous ces acteurs n’apportent aucune réelle valeur ajoutée sauf pour elles-mêmes.

    Alors permettez moi de m’offusquer lorsque ces jeunes se plaignent d’être taxé lorsqu’ils revendent leur boîte alors que la revente est vraiment la preuve qu’ils ne tenaient pas à leur projet et qu’ils ne l’inscrivait pas pour révolutionner l’avenir… Une révolution ça se conduit sur le long terme pas à l’arrache !

    Tout ceci est une belle arnaque : depuis 30 ans pourquoi n’avons pas eu une seule création de l’envergure de Microsoft voire de Google ?

  22. JérômeM 16 octobre 2012 at 16:44 #

    Bonjour à tous,
    je vais prendre un peu la défense de Claire qui me semble bien seule dans ce débat.
    @Claire T: je ne partage pas vraiment ton point de vue au sujet des jeunes étudiants des classes favorisées, car justement je trouve que l’économie de l’internet permet de se lancer avec pas grand chose en poche, et par contre beaucoup d’idées en tête. Corolaire à cela: on oublie peut-être certains fondamentaux de la création d’entreprise, comme par exemple avoir comme seule obsession de trouver des clients…avant de vouloir lever des fonds…dont on a malheureusement besoin pour faire bouillir la marmite au début.

    Et pourtant, Claire T n’a-t-elle pas raison de s’inquiéter? Pourquoi en France manquons-nous d’entreprises de type ETI? En Allemagne, on les appelle “Mittlestand”, celles qui exportent. Si cette question est légitime pour les entreprises de l’industrie “classique”, pourquoi ne le serait-elle pas pour l’industrie du web?

  23. Sylvain Gendrot 16 octobre 2012 at 23:27 #

    @Claire T: justement, cette loi montre l’incompétence habituelle de l’état (Ps: j’ai été militaire durant 8ans, je ne suis pas anti-état, juste réaliste). Cette loi tape sur le hyper-trading (achat-revente dans la même seconde) en même temps qu’elle tape sur les investisseurs classiques.
    C’est pas difficile de faire la différence pourtant, c’est ça le truc fou.

    Pourquoi pas de Google ou de Mittlestand en France ??? Plafond de verre des 50 employés (37 lois ou règlements à appliquer d’un coup = barrière mentale); délai de paiement légal en Allemagne: 30jous, en France: 60jours; délai de paiement moyen en Allemagne: 60jours, en France: 90jours (certains montent à + de 120jours); fiscalité changeant tout les ans (avec effet rétro-actif); négation que plus de la moitié des fondateurs des entreprises du Nasdaq n’ont pas de diplôme (fondateur ne veut pas dire ingénieur); code du travail changeant plusieurs fois par an; etc etc …

    Le pire, c’est qu’on a tout pour réussir: Nyse Euronext est la deuxième place boursière (en valorisation); entrepreneur est un mot français (désolé G.Bush); énormément de talents (voir les prix Nobel); rebond facile sur le Canada (la langue + nb français); l’Euro et l’Europe (500M d’habitants et pas de douane); etc etc …

  24. Claire T 17 octobre 2012 at 10:05 #

    Merci de prendre cette question au sérieux.

    Pourquoi pas de Google ou de Mittlestand en France ???

    Eh bien mon hypothèse rejoindrait la remarque “négation que plus de la moitié des fondateurs des entreprises du Nasdaq n’ont pas de diplôme (fondateur ne veut pas dire ingénieur)”.

    En fait la société française est féroce. Sous des dehors démocratiques, ses structures, son fonctionnement au quotidien, sa sélection par le parcours scolaire, et notamment la prédomination dans tous les recoins de l’économie des élèves sortis des “grandes” empêchent l’émergence des vraies innovateurs, des vrais entrepreneurs, de ceux à qui la vie a appris.

    Un entrepreneur n’a rien à voir avec un ingénieur, ni avec un commercial… Il n’y a donc pas de raison qu’on leur facilite la tâche (OSEO Scientipôle etc … Appels d’offre) alors que ces mêmes systèmes brisent les initiatives des autres (qui pourraient être des milliers… qui n’a pas envie de construire des beaux projets de vie ?). Elle les brise dans l’oeuf (plus que plafond de verre, c’est un vrai assassinat de masse comme de mettre du désherbant dans une prairie, seul les ogm tiendront).

  25. Patrick 17 octobre 2012 at 11:31 #

    Je vois que le sujet des élèves sortis des grandes écoles vous inspire, Claire. Aussi, je vous propose d’écrire un billet sur le sujet que je me ferai un plaisir de publier.
    Cordialement.
    Patrick

  26. Sylvain Gendrot 17 octobre 2012 at 22:46 #

    Claire, je pensais comme toi il ya encore quelques temps, mais je me suis rendu compte que le problème est beaucoup plus vicieux que ça.

    Oui, en entreprise, pour les bons jobs, les grands écoles bouffent tout, c’est vraiment le papier qui fait la carrière. J’en ai eu deux confirmations, la première (douloureuse) où pendant que je faisais mes cours du soir au CNAM pour devenir ingé, un ami faisant de même m’a passé une étude sur la vision qu’ont les DRH des ingé, ça donnait:
    les meilleurs venaient forcément des grands écoles, le reste est plus ou moins stupide sinon ils auraient fait les dites grandes écoles. Pour la carrière, les diplômés des grandes écoles finissaient toujours plus haut et mieux payés. La progression des ingé CNAM stoppaient au bout de 2, voir 5ans.

    La seconde confirmation m’est venu d’un ami diplômé de PolyTechnique: lors d’un entretien, il réalise que n’ayant aucune connaissance du domaine de l’entreprise (finance), il est incapable de faire le job , il explique la situation, la réponse fut “vous êtes PolyTechnicien, vous allez vous débrouiller et apprendre très vite” …

    Mais un diplôme, ça ne trouve pas les clients. C’est ça la grande différence entre trouver un job et monter sa boite. Du coup, oui les diplômés des grandes écoles ont facilement accès à un certain nombres d’aide, mais ça ne change rien pour les clients.

    Selon moi, le vrai problème, c’est que ceux qui n’ont pas de diplôme ne se lancent pas, croyant qu’il faut être Bac+5 pour lancer une boite. Alors que c’est tout l’inverse, c’est quand tu n’a rien que tu a tout à gagner.

  27. Claire T 18 octobre 2012 at 11:11 #

    Sylvain :

    Votre expérience est la réalité de tous les jours. Je n’avais jamais eu témoignage tel celui de votre polytechnicien bien “courageux” au demeurant !

    Quand vous dites :
    “Selon moi, le vrai problème, c’est que ceux qui n’ont pas de diplôme ne se lancent pas, croyant qu’il faut être Bac+5 pour lancer une boite. Alors que c’est tout l’inverse, c’est quand tu n’a rien que tu a tout à gagner.” Je suis entièrement d’accord avec vous, ce problème est une conséquence du premier.Pourquoi ?

    Parce que pour se construire une telle élite, on mobilise toute la nation : argent (on a vu comment) mais aussi tout le système scolaire.

    Car pour sélectionner “des bons” sans que personne ne s’en aperçoive et ose récriminer ou crier à l’injustice, il faut que ceux qui ne seront pas sélectionnés n’ait pas la possibilité de se plaindre. Et la meilleure façon d’empêcher quelqu’un de râler voir de se rebeller, c’est de lui apprendre qu’il est incapable de parler ! C’est comme ça que notre éducation nationale est pour la plupart de ses enfants, soit une machine à “humilier”, à “rendre indigne”, à faire croire à une “incapacité personnelle” …Ainsi pour la majorité de ceux qui le parcourt lorsqu’ils arrivent sur le marché du travail : ils se croient incapables (ou modestement capables). C’est pourquoi la plupart de nos contemporains sont atteints du syndrôme de l’échec…

    Parce que Ça doit s’apprendre très jeune : la volonté de gagner, l’autonomie, la prise de décision… toutes les qualités des entrepreneurs.

  28. Claire T 18 octobre 2012 at 11:13 #

    Bon puisque vous me le proposez Patrick je vais essayer de vous faire un billet…constructif ! mais vous savez ce sujet me tient très à cœur car je crois qu’il est le noeud du “mal” français…

  29. demailly 21 octobre 2012 at 16:51 #

    La dernière version de l’amendement Pigeon a été votée vendredi à l’assemblée.

    il est ici:

    https://blogavocat.fr/space/franck.demailly/content/l-amendement-special-pigeons-du-gouvernement_36365ebb-b9a5-4a8d-97f6-212151685ee0

  30. Patrick 21 octobre 2012 at 17:40 #

    Ou l’art de compliquer les choses simples 🙂

  31. Claire T 21 octobre 2012 at 17:46 #

    Ah oui c’est n’importe quoi l’écriture de ces lois ! Et dire que nul n’est censé l’ignorer ?

  32. Sylvain Gendrot 21 octobre 2012 at 21:45 #

    C’est l’amendement, c’est toujours illisible.
    Il faut avoir le texte de lois avec les amendements pour y comprendre quelque chose, car quand un amendement c’est souvent “est inséré avant ceci et après celà” … donc sans le texte …

    @demailly: tu a le texte de loi amendé ?? Je ne pense pas le trouver sur legifrance (pas déjà).

  33. demailly 23 octobre 2012 at 8:43 #

    La loi n’est pas encore définitivement votée donc par hypothèse, elle n’est pas encore publiée (donc pas disponiblesur legifrance notamment).

    Pour se faire une idée, il faut donc à partir de l’amendement voté en 1ère lecture faire oeuvre de construction avec les textes actuels qui sont retouchés….

    Pour synthétiser, les cessions 2012 seront taxées au taux forfaitaire de 24 % (au lieu de 19 %) outre les prélèvements sociaux de 15,5 %.

    L’imposition des revenus du capital au barème progressif de l’impôt sur le revenu est maintenue pour les cessions réalisées à compter du 1er janvier 2013
    L’abattement pour durée de détention serait applicable dès le 1er janvier 2013, en tenant compte de la durée réelle de détention avant cette date, savoir :
    – 20 % d’abattement : détention d’au moins 2 ans et – de 4 ans
    – 30 % d’abattement : détention d’au moins 4 ans et – de 6 ans
    – 40 % d’abattement : détention d’au moins six ans ;

    Pour les entrepreneurs, des modalités d’imposition spécifiques seraient mises en place dès 2012 pour les plus-values mobilières réalisées par les entrepreneurs qui cèdent leur entreprise après l’avoir eux-mêmes développée.
    Ainsi, ces plus-values resteraient imposées au taux forfaitaire de 19 % sur option, sous réserve de remplir certaines conditions tenant à la durée et au pourcentage de détention des titres, ainsi qu’à l’exercice d’une activité salariée ou dirigeante dans la société dont les titres ont été cédés.

    L’article 150-0 D Bis (report d’imposition en cas de réinvestissement de la plus-value) serait encore réaménagé.

  34. Curieux 25 décembre 2012 at 3:11 #

    Bonsoir,

    quelle est votre source concernant 50,000 BA in UK contre 8,000 en France?

    merci et bon courage!

  35. Patrick 26 décembre 2012 at 7:59 #

    Je l’ai lu sur cet aricle de Patrick Robin http://www.huffingtonpost.fr/patrick-robin/pigeons-entreprise-gouvernement-on-nabat-pas-la-vache-quon-veut-traire_b_1946881.html paru sur le Huffington Post.
    Cordialement.
    Patrick

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