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Avis de décès des Business Angels en France

Le Ministre délégué au budget, Jérôme CAHUZAC ,
soutenu par le Premier Ministre, Jean-Marc AYRAULT                                                                                                                                                                                                                                                                                                    encouragé par le Président de la République, François HOLLANDE,
et l’ensemble du Gouvernement Français

Ont le profond regret de vous faire part du retour au paradis non fiscal

Des Anges du Business communément appelés Business Angels

Survenu ce 20 décembre 2012 dans l’indifférence générale à l’Assemblée Nationale.

Cette disparition fait suite au vote définitif de la loi de finances 2013 instaurant notamment dans son article 6 une taxation marginale potentielle des plus-values entre 42,5% et 62,2% en fonction d’une durée de détention que les business angels ne maîtrisent pas et qui ne tient pas compte du risque pris et de la non liquidité de ce type d’investissement.

La date de l’inhumation n’est pas fixée pour le moment dans l’espoir d’une résurrection rapide des anges du business sous l’action combinée :

  • d’un recours auprès du conseil constitutionnel
  • d’une intervention de Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Innovation et de l’Economie numérique.
  • d’une renaissance du mouvement des pigeons et autres mougeons
  • et surtout d’une adaptation à cette nouvelle donne des business angels, habitués aux revirements incessants des politiques français de tous bords, droite et gauche confondues.

Cet avis tient lieu de faire-part.

Ni fleurs, ni couronnes.

Les dons (on ne sait pas encore s’ils seront imposables ou déductibles) peuvent être versés directement aux startups (sélection sur Euroquity, gust, fundme…), enfants naturels des business angels, avant qu’elles ne soient à leur tour victimes de la honteuse maladie française de la «fiscalitae catastroficum ».

Les condoléances sont à envoyer à Business Angel France qui les transmettra à J.-C.

Ajout du 10 janvier 2013 : Le bulletin de santé de Business Angel France vient d’être dévoilé.

Ajout du 15 janvier 2013 : Must listen Business Angel France, l’interview commune de Tanguy de la Fouchardière, président de Paris Business Angels et de Jean-David Chamboredon  sur FrenchWeb à propos de la baisse des investissements des Business Angels http://www.frenchweb.fr/debat-pourquoi-les-business-angels-ont-ils-moins-investi-en-2012/94073

 

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33 Réponses à Avis de décès des Business Angels en France

  1. Koegler Bruno 23 décembre 2012 at 14:43 #

    Reagisssez, restez en France et montez une societe mere a Taiwan ou autre pays moins imbecile que la France, plus values impot nul, taxes sur benefices 17% pour CA local, 0% pour ventes a l’export (principe de l’offshore)… Il faut arreter ce racket mis en place par des incapables qui demolisse notre patrie, que nos ancetres ont defendu quitte a y laisser leur vie, en ce qui me concerne mon oncle.

  2. jean augustin VINCENT 23 décembre 2012 at 18:35 #

    La Controverse soulevée par Gérard DEPARDIEU
    L’Impôt confiscatoire sur le Capital
    Comme chaque année, lors de l’examen de la loi de finances rectificative, le contribuable français est angoissé. Pour l’année 2013, les répercussions des modifications fiscales votées par les parlementaires vont être confiscatoires pour certains. Le Premier des Ministres suivi par plusieurs autres ministres ont jeté l’opprobre sur l’acteur Gérard DEPARDIEU qui a décidé de s’installer en Belgique. S’il est emblématique, il n’est pas seul, ils sont plus d’un million et demi d’expatriés français en Grande Bretagne, Suisse, Allemagne, Belgique ou États-Uni. Ils ne sont pas tous des milliardaires. Ces cerveaux et ces talents filent à l’étranger, quelles sont leurs motivations ?…À la question clairement énoncée «Vous savez que Gérard ¬Depardieu a quitté la France pour la ¬Belgique où il paiera moins d’impôts, comprenez-vous sa décision», 40% des Français disent «oui», selon un sondage Ifop réalisé pour Le Figaro. Plus significatif, une majorité des sondés de tous bords se refuse à blâmer l’acteur. Plus largement, un Français sur six éprouve le sentiment que le nombre d’exilés fiscaux ne cesse de croître.

    Si le principe de l’impôt comme correcteur des inégalités n’est pas remis en cause, c’est le niveau et les destinations qui sont critiqués. L’empathie grimpe proportionnellement aux revenus, elle est majoritaire dès que le foyer dispose de plus de 2300,-€ par mois. Pourquoi ne pas admettre qu’un sentiment de protestation se développe contre une fiscalité spoliatrice au sein des classes moyennes et supérieures.

    C’est avec de justes motifs que les députés de l’opposition ont saisi le Conseil Constitutionnel. Ils contestent plusieurs articles comme : la taxation à 75 % pour rupture devant l’égalité, la taxation des plus-values de cession de titres, ainsi que certains revenus latents qui n’auraient pas été effectivement perçus qui seraient à intégrer dans le plafond imposable.

    Ainsi la nouvelle tranche d’imposition sur le revenu à 45% (IR), suppose que l’on s’y attarde. Couplée aux prélèvements sociaux applicables à des rendements de capitaux investis en titres financiers obligataires, elle peut aboutir à un résultat NEGATIF ! D’autant plus que la fiscalité s’applique sur le rendement brut… et non réel avec la suppression du prélèvement libératoire forfaitaire (bien pratique pour les gros contribuables)

    Revenons sur une définition élémentaire du « train de vie » que recherchent les classes sociales dites aisées, qui disposent de l’essentiel avec leur subsistance matérielle assurée.
    Pour elles, existent de fait, la fortune « liquide » (constituée de sommes immédiatement disponibles et mobilisables en espèces, comptes bancaires, épargne à court terme.) et la fortune « il-liquide » (des biens, propriétés, œuvres d’art, titres acquis grâce à un pouvoir d’achat qui a été investi sur une ou plusieurs générations et dont le contribuable ne dispose plus immédiatement.) Dans ce cas, la surimposition que nous dénonçons peut avoir des effets confiscatoires car pour s’acquitter de ses impôts le contribuable doit vendre tout ou partie de son patrimoine.
    Mais qu’est ce que la fortune, rien d’autre que le revenu épargné capitalisé donc transformé en investissement. Ne négligeons pas le fait que le patrimoine national ne peut croître que s’il est conservé par des français.

    Qu’en est-il alors des fondements du slogan populiste « il convient de taxer le capital comme le travail.. ? Mais encore plus symbolique, examinons l’impôt sur les bénéfices des entreprises distribués aux actionnaires ou aux propriétaires, ils sont déjà amputés par un prélèvement à la source y compris quand ils sont réinvestis pour nourrir le capital productif et développer l’activité.

    Emploi, croissance, c’est la projection du scénario noir annoncé par l’Insse pour 2013.
    Le déclin de notre industrie va persister, la trésorerie des ménages ne peu que s’amenuiser, le seuil des de 10 % de la population au chômage doit être largement dépassé. Comment dans ces conditions ne pas reconnaître qu’insidieusement le pouvoir en place décourage toute volonté d’entreprendre. Il est illusoire de discourir sur la promotion de l’industrie, d’élaborer des mesures d’incitation à l’embauche, d’assouplir les relations sociales, de claironner sur les avantages de l’aléatoire Crédit d’impôt compétitivité emploi si nos gouvernants ne mettent pas un frein à la boulimie fiscale.

    S’ils veulent continuer à parader, les leaders de gauche qui dirigent actuellement l’état, les régions et de nombreuses grandes villes, doivent se référer à l’année 1978, marquée par la révolte des contribuables aux USA. A l’occasion des élections du novembre, des référendums ont été organisés sur le régime de l’impôt dans un grand nombre d’Etats. C’est en Californie que le mouvement prit une ampleur inattendue lorsque fut voté l’adoption d’un amendement à la Constitution de l’Etat visant soit à la réduction immédiate et massive de l’impôt (le plus souvent immobilier), soit à la limitation des dépenses de l’Etat dont le principe est indexé sur le revenu des citoyens. Le chantre, nouveau gouverneur de la Californie, Ronald REAGAN est ensuite devenu le Président des Etats-Unis.

    A la même époque, au cours d’un repas, Arthur Laffer un économiste américain avait expliqué que le taux fiscal élevé entraîne une baisse des recettes fiscales à partir d’un certain niveau. Il avait dessiné sur une nappe en papier une courbe qui devint célèbre sous le nom de courbe de Laffer. Il avait expliqué la forme en cloche par la préférence des contribuables en faveur des loisirs (ou de l’inaction) quand l’effort marginal entraîne une taxation plus que proportionnelle au gain de revenu en concluant qu’il est préférable, dans ces cas là, de rester inactif. La difficulté est, cependant, de connaître, le point de rupture pour chaque redevable.
    Ce constat devrait susciter un mouvement de réflexion au sein des donneurs de leçons qui prônent l’égalité et la probité avec l’argent des contribuables.

  3. Bourhis 23 décembre 2012 at 19:36 #

    C’est la fin du business tout court.
    C’est très grave.
    Que pouvons nous faire ?

  4. my-business-plan 23 décembre 2012 at 22:04 #

    C’est en effet une triste et mauvaise nouvelle.. A tous les coups cela sera abrogé par le prochain gouvernement. Mais le plus dur dans tout cela c’est cette instabilité permanente dans le régime fiscal français… Fiscaliste, un métier qui a encore de beaux jours devant lui !

  5. Web-eau.net 23 décembre 2012 at 23:08 #

    Un débat hier sur Facebook a retenu mon attention.

    Doit-on avoir une conscience morale au moment où notre cher État a besoin des plus aisés pour boucler ses faims de mois ?

    Les affaires Arnault et Depardieu défrayant la chronique ces dernières semaines de manière plus ou moins élégante par certains (on ne parlera pas des exils fiscaux de Y.Noah en Suisse ou d’E.Béart en Belgique), on est en droit de se demander si un “gros” doit contribuer de force à l’effort national, au nom de la conscience morale et collective. Ce ne sont pas quelques millions d’euros en moins qui vont les empêcher de manger, de dormir au chaud et de passer de bonnes vacances au soleil. Et ces quelques millions d’euros seraient bien utiles à des milliers, voire des millions, de français. C’est vrai, si on s’en tient strictement à cette vision manichéenne des choses. Mais est-ce en diabolisant 2 ou 3 personnes que l’on va régler les problèmes de Dame France ?

    A ce stade de la réflexion, plusieurs choses me dérangent.

    La pression fiscale est une maladie française depuis des décennies (oui, la saignée ne date pas de mai 2012) et cette maladie fait de notre pays, un des champions mondiaux en la matière. Mais, trop d’impôts tue l’impôt. Un grand soir fiscal est encore ce qui pourrait nous arriver de mieux, en attendant une hypothétique politique fiscale européenne unifiée. Mais je ne suis pas certain que cette union fiscale serait favorable à Bercy, loin de là.

    On invective, on injurie, on vilipende, on aboie sur ceux qui refusent de verser une obole trop conséquente pour le bien collectif. Au lieu d’insultes faciles et gratuites, j’aurais aimé lire des projets d’attractivité, des propositions de redressement économique. Cela aurait donnait aux gros contribuables, l’envie de rester plutôt que l’envie de partir et aux “petits”, l’envie de créer. Point de tout ça, malheureusement pour nous.

    Nous avons voté et donc accepté la constitution européenne et son article I-10 sur la citoyenneté précise la liberté de libre circulation des personnes au sein de l’Union. Cet article, et tout le traité, s’applique du 1er janvier au 31 décembre et à tout citoyen de l’Union. Il devient alors intolérable de conspuer nos concitoyens qui déménagent en Europe (que ce soit pour des raisons de taxes ou pour toute autre motif) et dans le même temps nous réjouir d’aller acheter nos cigarettes à Irun et faire le plein en traversant le Luxembourg ! Toute proportion gardée, c’est exactement la même chose.

    Payer son impôt revient à reconnaitre la légitimité de l’État (relire Thoreau sur ce point). Nous sommes tous en droit de ne pas reconnaitre cette légitimité ou de contester la manière dont ces impôts sont utilisés. Certains payent, certains utilisent des outils de défiscalisation et d’autres déménagent pour échapper à l’effort collectif (autrement dit, à l’excès d’impôts). C’est à l’Etat de faire en sorte que l’effort collectif soit collectif.

    Les attaques ad personam me filent la nausée. Je ne peux concevoir un débat dans de telles conditions. Qui êtes vous pour qualifier de lâche et de minable telle ou telle personne ? Que Gérard Depardieu décide de quitter la France (Europe) pour aller vivre en Belgique (Europe) alors que la crise économique dure depuis 2007, on peut trouver ça “minable” si l’on est adepte de la vulgarité et que l’on manque de fond dans ses réflexions. On peut le qualifier de tous les noms d’oiseaux, je ne crois pas que cela nous rapproche de la conscience morale. Ce que je trouve “minable, c’est de ne rien proposer d’autre que ce lynchage abject. Ce que je trouve lâche, c’est de ne compter que sur les impôts des autres pour avancer.

    Vous appelez à la solidarité nationale, sans pratiquer l’équité. Les avantages financiers procurés par les différents mandats électifs (députés, sénateurs, etc) ne sont pas, et c’est le moins que l’on puisse dire, un exemple à suivre. Oh combien de ministres, d’élus ont dû démissionner pour des raisons d’abus de biens sociaux, pour des raisons d’indélicatesses financières et autres scandales ? Vous avez dit conscience morale ? Quand on juge les autres, il faut être soi-même exemplaire.

    Maintenant, on nous dit que ces 2-3 contribuables ont désertés (ah bon, nous sommes en guerre ?), Dame France va s’effondrer et que ses 65 millions d’enfants vont morfler. Là, ça devient carrément lyrique.

    Il est toujours plus facile de hurler à la mort que de proposer. Toujours pas d’idées alors que “le changement, c’est maintenant”. Toujours pas de projets concrets alors qu’il y a urgence.

    En fait, le départ de ces quelques gros contribuables est une opportunité inespérée pour le gouvernement qui tient là, les futurs bouc-émissaires du crash que nous allons nous prendre en pleine face dans les prochains mois. C’est déjà ça de gagné, doivent se dire les locataires de l’Élysée et de Matignon. Au lieu de ça, j’aimerais que ces messieurs (et toute la classe politique avec, soyons fous) profitent de cette actualité pour se remettre en question et se demandent ce qu’il faut faire pour inverser la tendance.

    Je ne suis qu’un modeste français, parmi tant d’autres. Je n’ai pas d’appétence pour l’exil fiscal. Je n’ai pas des millions à exiler mais l’envie de travailler et de construire pour mon pays. Sinon, je serais déjà à Dublin ou à Hong-Kong. Ce n’est pas de la conscience morale, c’est un choix personnel. Si demain, j’estimais que les conditions n’étaient plus réunies pour rester au pays de la Douce France, je partirai. Et sans regrets.

    Pourquoi de plus en plus de personnes veulent quitter ou quittent la patrie : du jeune sans diplômes et sans espoir qui rêve d’eldorados lointains, en passant par l’étudiant de HEC qui aspire à la Californie, nos grands patrons du CAC40 et jusqu’à nos artistes et sportifs de droite comme de gauche qui s’exilent en Suisse ou en Belgique pour des raisons fiscales ?

    La responsabilité incombe-t-elle uniquement aux partants ou bien notre chère République a-t-elle sa part en ne sachant plus retenir ses enfants ?

    Moi, je ne vois que l’incapacité de nos politiques à donner de réelles perspectives d’avenir à ses enfants qui partent, à ses artistes, sportifs qui s’exilent et ses créateurs de richesse qui claquent la porte.

    Mais il est toujours plus facile de ne voir que les départs sans en analyser les causes et sans apporter de solutions.

  6. Hilaire 23 décembre 2012 at 23:10 #

    C est bien, ça continu discrètement le dépôt de bilan français…

  7. France liberté 23 décembre 2012 at 23:25 #

    En réponse à Bourhis.

    La GB déroule le tapis rouge. Alors autant en profiter! Idealement serait que ce site permette de faire les démarches nécessaires…

    Pauvre contribuables

  8. Roques 24 décembre 2012 at 0:38 #

    Un massacre légalisé pour les entrepreuneurs, qui comme moi, courrent à corps perdu à la recherche de financement. Avec la crise du chomage en fance, si on assasine les porteurs de projet autant organiser une euthanasie collective des jeunes de france!!!

  9. Emmanuel 24 décembre 2012 at 1:13 #

    la fin des business angels le 20… la fin du monde le 21….

  10. ROSENBERG 24 décembre 2012 at 1:39 #

    Bravo à votre page pleine d’humour.
    Ceci dit,
    Un gouvernement, cela se travaille par des arguments… Même si le retour à des cieux plus conforme à l’éclosion des business et de nouvelles sociétés ne sera pas simple. Il convient de ne jamais oublier qu’il faut convaincre à la fois Bercy (il y a au moins 2 ou 3 étages qui comptent !), le Premier Ministre, et l’Elysée… Plus les députés.

    Voici une première étape, publiée dans la Tribune en décembre. Vous allez dire que les fonds ne sont pas votre sujet… Et pourtant si, ce sont les business angels qui amorcent les entreprises, qui ensuite sont développées par le capital-risque. Je crois que le bon argument, c’est d’expliquer que tous les maillons comptent. C’est le discours que je tiens face aux services officiels. Il y aura d’autres articles sur la taxation des plus-values.

    http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20121207trib000735930/capital-risque-l-aveuglement-de-bruxelles.html

    Le capital-risque est malade, et depuis longtemps les institutionnels fuient les investissements dans les PME. Dès 1995, le gouvernement d’alors le constate sur la période 1980-95, avec la décroissance du capital-risque comme des levées pour ces fonds (FCPR), mais également des financements d’entreprises technologiques à partir de fonds de capital-risque sur ces 15 années. La raison est simple : cette classe d’actifs est trop incertaine dans ses retours d’investissement, tant en performance qu’en horizon de placement pour les institutionnels. Depuis, ce retrait est devenu massif, et Bâle 3 comme Solvency II fournissant des prétextes faciles pour justifier un refus d’investir. C’est bien le paradoxe de ces futures normes censées prévenir des grands risques comptables et de marchés que de déjà interdire en pratique de financer ce qui porte la croissance de demain.

    En 1996, le gouvernement français décide donc de créer les FCPI, Fonds Communs de Placement dans l’Innovation. Ces fonds de capital-risque lèvent l’argent géré auprès de personnes physiques qui reçoivent une réduction d’impôt, source qui s’avèrera plus stable que les institutionnels. Ces fonds ont su se développer profitant de la vague de croissance des années 2000 – malgré des coûts de collecte parfois lourds, raison première de l’avantage fiscal – et ont progressivement remplacé les FCPR « historiques », permettant le développement de milliers d’entreprises technologiques.

    Depuis une quinzaine d’années, de nouvelles équipes et sociétés de gestion se sont lancées dans l’activité des FCPI, puis des FIP et il faut un cycle complet d’investissements puis de désinvestissements pour qu’une équipe arrive véritablement à maturité, soit 7 à 10 ans. A l’évidence, le cadre juridique et fiscal est hélas instable, avec des modifications tous les ans. Le précédent gouvernement a par exemple réduit de 25% à 18% l’avantage fiscal, et de 30 à 16 mois la période sur laquelle les FCPI pouvaient investir. Volonté de bien faire et d’accélérer le passage des fonds vers les entreprises qui fut un contresens car investir dans la technologie demande beaucoup de temps d’analyse.

    La réduction de la période d’investissement a naturellement orienté les FCPI vers les dossiers plus simples, les moins technologiques – laissant sans financement les dossiers technologiquement complexes et plus jeunes, qui en ont le plus besoin. Après les baisses du taux de réduction d’impôt qui ont déjà provoqué une forte décollecte, les gérants de FCPI sont menacés avec la loi de finances pour 2013 par l’intégration de cette réduction fiscale dans le plafond des niches à 10.000 euros. Ce serait un coup fatal, car si on peut monter des systèmes de report pour une première année, l’écosystème des gérants de FCPI s’appuie sur des levées régulières, une, voire deux fois par an.

    Tout plafonnement non dédié à l’investissement dans les entreprises va empêcher ce rythme annuel, et provoquera très vite la disparition des équipes alors que la plupart d’entre elles ont atteint la maturité, que le capital-risque hors FCPI et FIP a quasiment disparu – et il faut 10 ans pour reconstituer des équipes expérimentées et matures. Or le gouvernement met en place une politique pour les PME, pour l’innovation, avec un bras armé, la nouvelle BPI en cours de constitution, qui a une tâche immense : l’efficacité du développement des PME innovantes si crucial pour la création d’emplois à haute valeur ajoutée ne peut pas reposer que sur la BPI. Les investisseurs particuliers en direct qui le plus souvent font l’amorçage, les FCPI, les FIP les autres acteurs professionnels sont essentiels pour sélectionner, développer, coacher les entreprises. Ils sont les relais, les leviers sur lesquels la BPI va pouvoir démultiplier son action.

    On sait les liens étroits qui relient innovation et croissance du PIB, et donc développement de secteurs solides créateurs nets d’emplois, il convient donc de choyer les équipes de capital-risque et de capital-investissement qui accompagnent les entreprises de croissance. Si les FCPI survivent à la discussion budgétaire en cours et sortent du plafond de 10.000 euros, il restera une absurdité à éliminer, créée par la DG Concurrence de l’Union Européenne (UE). Considérant les FIP et les FCPI comme bénéficiant d’une aide d’Etat, toute PME est limitée à recevoir 1,5 million d’euros (ponctuellement 2,5) par an des FIP/FCPI. Or, l’UE désigne aussi les PME innovantes comme son objectif prioritaire. Les FCPI sont l’un des rares systèmes de VC (Venture Capital) qui fonctionne et investit dans l’Europe entière, géré par des sociétés privées, indépendantes, qui peuvent venir de toute l’Europe :

    Limiter autrement que par le marché les apports de capitaux aux PME high tech n’a pas de sens, c’est même un fourvoiement en période de crise. Les entreprises européennes ont besoin d’être innovantes, elles ont besoin de capital et donc des FCPI pour se développer dans cette concurrence mondiale.

    Joël Rosenberg. Copyright DR

  11. Sylvain Briant 24 décembre 2012 at 9:58 #

    Stratégie étonnante qui consiste à tirer à vue sur les entrepreneurs, les investisseurs et laisser tranquille les possesseurs d’oeuvre d’art, peut être cela est il en lien avec le fait que la plupart des politiciens investissent dans des tableaux mais pas dans des entreprises (sauf avec l’argent public) …
    France, R.I.P. 2012

  12. jean-luc BERTHELOT 24 décembre 2012 at 11:32 #

    Nous nageons effectivement en plein délire idéologique malsain et complétement déséquélibré.
    aujourd’hui, en France,TOUT créateur,TOUT développeur est vilipendé et jeté en pature, qu’il réussisse, auquel cas c’est un “profiteur abject” qui doit être taxé de la plus inégale des manières, ou qu’il échoue, auquel cas c’est un bon-à rien qui n’a qu’à s’en prendre à lui-même.
    le résultat immédiat le plus grave n’est peut-être pas le plus visible avec le départ de plus en plus importants des jeunes “actifs” diplomés ou non.
    c’est la France de demain qu’ils appauvrissent…

  13. Pierre Lestage 24 décembre 2012 at 16:11 #

    Aboutissement mortifère d’une pensée révolue qui condamne la création d’entreprises au nom de l’équité …tous égaux pauvres et. chômeurs … plutôt que voir surgir des entreprises au risque d’enrichir ses initiateurs

  14. Cédric Labeau 24 décembre 2012 at 20:02 #

    Nos chers politiciens, qu’ils soient de droite ou de gauche, ne connaissent rien à l’entrepreneuriat et confondent tout.
    Outre le taux d’imposition complètement aberrant ( ce qu’il restera après impôt en cas de succès d’un investissement ne suffira même plus à couvrir les pertes précédentes…), l’instabilité fiscale (avec des lois rétroactives évidemment!) fait fuir autant les entrepreneurs que les investisseurs.
    Malheureusement, à chaque fois qu’on expose ces problèmes, ça dégénère en débat politique avec cette stupide guerre droite/gauche.

  15. Eric Sausse 24 décembre 2012 at 22:20 #

    Génial : les banques ne prêtent plus, le financent privé est plombé.

    Bienvenue dans la Nation administrée.

    Ce sont des années de plombs mes amis

  16. lesage 25 décembre 2012 at 19:09 #

    Qui et comment va t’on créé de l’économie, des emplois, de la compétivité ?

    C’est un vote irresponsable et totalement aberrant !

  17. Patrick 26 décembre 2012 at 10:18 #

    Merci de votre confiance, lectrices et lecteurs de Business Angel France ! Grâce à vous, l’article “Avis de décès des Business Angels en France” cartonne.
    Maintenant, au delà de la complainte du business angel victime de la “fiscalitae catastroficum”, mon objectif essentiel est de participer à un débat constructif et à une remise en cause salutaire, notamment en :
    – laissant la parole au gouvernement français, Jérôme Cahuzac et Fleur Pellerin en tête, à qui j’ouvre ces colonnes.
    – proposant des solutions win-win pour la France, ses startups et ses investisseurs.
    Cordialement.
    Patrick

  18. Yves Jusserand 26 décembre 2012 at 12:38 #

    Incroyable.

    La CCI d’Auxerre me demandais récemment si j’allais créer ma société après un stage en création d’entreprise financé par le conseil régional !!! C’est à dire…Nos impôts !!!

    Me sentant redevable vis à vis de mon pays qui m’a permis de me former, je voulais coûte que coûte créer ma startup.

    Que puis-je faire ? Faire appel à des investisseurs étrangers ? En Asie ? !!!

    Savez-vous qu’en france nous produisons encore des ordinateurs et des télévisions ? Oh pas grand chose, deux ou trois marques françaises très peu connues. Mais quand-même ! C’est possible !

  19. Patrick 26 décembre 2012 at 12:49 #

    Attention, Yves, ce n’est pas parce que la fiscalité est moins favorable qu’il n’y a plus d’investisseurs en France.
    Par contre, c’est une raison supplémentaire pour muscler votre projet.
    Avec tous mes voeux de réussite !
    Patrick

  20. LANGLAIS 27 décembre 2012 at 11:28 #

    A 54 ans, au chômage malgré de beaux dîplomes et une expérience aboutit je n’ai eu comme autre choix que de participer à la création d’une entreprise.
    Ce fût fait et l’entreprise commence à décoller.
    Mais voilà, pour décoller il faut du kérosène et les grands pétroliers classiques (Bqes) renaclent à avancer quelques précieuses tonnes de carburant.
    Alors lorsque les instituitions ne jouent plus leurs rôles, la SEULE solution est de s’orienter vers l’initiative individuelle.
    Mais voilà depuis le 20 décembre, l’initiative individuelle, la prise de risque individuelle devient taxable comme un excès de vitesse ou la spéculation.
    C’est décidé l’année prochaine je boucherai ma cheminéee pour éviter que le Père Noêl ne m’envoit ce genre de cadeau qui risque de mettre fin à une belle aventure et la perspective de quelques emplois crées en France.

    J’essayerai de trouver un pays ou le Père Noêl envoit des bouteilles d’oxygène à ceux qui prennent des risques plutôt qu’un baillon pour finir de les asphysquier.

    Un chômeur qui pensait s’en sortir en entreprenant.

    NB: Tiens je vais aller voir Depardieu.

  21. Yves Jusserand 27 décembre 2012 at 19:51 #

    Merci Patrick pour votre commentaire; pour ma part, je compte travailler avec les “Bourgogne Angels” sur Dijon (je suis sur Auxerre), donc, mon projet consiste à distribuer/vendre des logiciels pour la musique électronique…Je pense donc que je vais gonfler la chose un peu plus, afin d’avoir un projet professionnel qui se tienne. De toute façon, j’y pensais déjà depuis quelques temps; je vais donc ajouter des gammes de produits qui n’ont rien à voir, mais au service des musiciens amateurs et/ ou professionnels.

    Il me serait très interressant d’échanger avec tout entrepreneur qui a réussi à monter sa petite entreprise, avec des financements privés (hors institutionnels, je veux dire).

    Ce qui m’interresse le plus pour le moment c’est d’avoir un business plan réaliste et commencer “tout doux”.

  22. Wanscoor 27 décembre 2012 at 23:54 #

    Et on est surpris par la croissance continue du chômage en France…
    Cela en dit long sur l’intelligence économique de nos dirigeants.
    On est bien partis…
    Moralité, partons créer ailleurs ils ne nous méritent pas.

  23. Patrick 28 décembre 2012 at 10:10 #

    @Eric Chacun est bien sûr libre de quitter la France pour voir si l’environnement économique et fiscal est plus favorable dans d’autres pays. De mon côté, je préfère combattre le mal de l’intérieur en ouvrant ma gueule comme je l’ai fait avec l’avis de décès des business angels en France et surtout en mouillant la chemise pour proposer et mettre en place des solutions de bon sens. Un exemple ? Je soutiens à fond le projet de PEA-PME (+ d’infos sur http://lentreprise.lexpress.fr/gestion-fiscalite/budget-financement/pme-finance-veut-creer-un-fonds-d-investissement-et-de-soutien-aux-entreprises-fise_1525640.html) de l’association PME Finance.

  24. LANGLAIS 28 décembre 2012 at 11:04 #

    Bravo Patrick pour vos convictions et acharnement. Le souci est que le financement des entreprises en naissance s’il est fondamentalement important et le vous savez très bien n’est qu’un aspect du problème. Si les trois autres points de fond restent la fiscalité au sens large, la flexibilité et coût du travail et le marché un autre aspect des difficultés est l’accès au marchés des grands donneurs d’ordre qu’ils soient public ou privés.
    En France les grands travaillent avec les grands et même lorsque ceux ci sont fournisseurs ils vous prennent rarement au sérieux car l’activité que vous leur apportez est très très marginale pour eux.
    Il faut bien comprendre cette situation pour quelqu’un qui voudra développer une activité BtoB et se poser vriament la question de savoir si son marché doit être national ou international.

  25. Philippe Wattinne 28 décembre 2012 at 11:16 #

    Cela dit je n’aimerai pas être à la place de nos dirigeants actuels qui se trouvent confrontés à une idéologie archaïque ne correspondant plus du tout à l’évolution de la vie, notamment économique. Il suffit de voir les comportements de certains qui crient au “local” alors que nous sommes depuis belle lurette “européen” voire “international”.
    Le gouvernement se trouve aujourd’hui confronté à un déficit abyssal qui, si il était comme cela dans nos entreprises, nous aurions mis les clés sous la porte depuis longtemps. Observons quand même que ce déficit nous a arrangé pendant des décennies et que personne, ni à gauche ni à droite, n’a fait quoique ce soit pour améliorer les choses. C’est tout le problème du rapport entre le monde politique et le monde économique !
    La seule façon de s’en sortir définitivement est de donner à nos jeunes le goût d’entreprendre, cela passe par la compréhension de ce qu’est le monde de l’entreprise et de tous les avantages que TOUS peuvent en tirer, le salarié d’abord… puis l’actionnaire qui croit en la pérennité de son entreprise et fait tout pour cela dont la prise de risques financiers,… les investisseurs qui, croyant dans cette stratégie, accompagnent l’actionnaire avec comme objectif de faire un profit financier (avouons-le !).

    Le problème soulevé ici est la fiscalisation choisie par un gouvernement qui ne sait pas où donner du bâton pour récupérer de l’argent que la collectivité dépense outrageusement.
    Tout le monde est prêt à faire des efforts dès lors que des engagements fermes sont définis. Rester en France et payer plus d’impôts ? pourquoi pas si c’est de l’investissement pour l’avenir de nos enfants car c’est bien d’eux dont on doit se préoccuper !

    Cela dit, le gouvernement actuel doit être vigilant sur la situation économique des entreprises. Les banques ne suivent plus, elles sont obnubilées par leur bilan et ne veulent plus prendre de risques.
    Qui peut les remplacer si ce n’est l’investisseur qui est prêt à en prendre car, après tout, il a aussi été chef d’entreprise et c’est dans ses gênes.
    Mettons tout le monde autour d’une table et prenons les bonnes décisions en fonction des besoins immédiats. Taxer plus aujourd’hui pourquoi pas ! Dès lors que cela a une durée définie et qu’un engagement soit pris que lors du “retour à meilleure fortune” une redistribution soit prévue permettant à chacun de retrouver son juste retour de risque.

  26. Sylvain 28 décembre 2012 at 11:24 #

    Intéressant de constater que tout le monde semble en accord pour montrer du doigt une politique fiscale plutôt défavorable.
    Personnellement, je suis entrepreneur d’esprit, avec 2 idées en tête qui grossissent chaque jour dans mon esprit:
    – je ne peux pas me lancer car en France il vaut mieux entreprendre quand on a de l’argent. Une idée et du peps ne suffisent plus, quand on voit les actions fiscales et administratives anti créatrices…
    – s’expatrier, je ne trouve pas que ce soit la solution, je suis français et j’aimerai que mes idées puissent profiter à la France, malheureusement pour le moment seuls mes impôts profitent, et pas à la France mais plutôt à une poignée de politiciens

    Je fais donc parti de la génération 35 ans qui n’entreprend plus en attendant que le gouvernement change sa politique

  27. Yves Jusserand 28 décembre 2012 at 12:16 #

    Oui, si je comprends bien, il n’y a pas ou peu de place pour les petites entreprises en france…C’est notre faiblesse.
    C’est curieux cette idée bien de chez nous, qui dit que pour exister, il faut être gros.

  28. LANGLAIS 28 décembre 2012 at 13:40 #

    Ce qui m’étonne dans le comportement de nos dirigeants politiques est qu’ils ont tous dûs faire dans leur jeunesse l’exercice du remplissage de la baignoire avec la bonde ouverte……
    A quoi bon une politique de rigueur fiscale si elle n’a pas pour objectif de remplir la baignoire mais simplement retarder l’instant où la baignoire sera définitivement vide.
    La bonde tout le monde la connait c’est la gabegie de nos multiples institutions nationales et territoriales.
    D’accord pour subir la rigueur et entreprendre mais sur une base assainie ce que tout dirigeant d’entreprise comprend lui parfaitement bien. Et pour cause son ivestissement dans son entreprise est personnel et non celui des autres…..
    Le courage politique d’une profonde réforme de l’état est un préalable au redressement de notre pays.

  29. Sylvain 28 décembre 2012 at 13:45 #

    @LANGLAIS : je rejoins votre avis. malheureusement, les politiciens sortent pour la plupart des mêmes écoles, l’ENA en tête, et réformer l’état et les institutions signifierait “supprimer un privilège que la promotion d’avant a eu et que je n’aurai pas” … la réforme ne pourra arriver qu’avec une génération de dirigeant politique non ENArques

  30. Cédric Labeau 28 décembre 2012 at 14:18 #

    C’est vrai que cette loi de finance à de quoi décourager et énerver surtout lorsque les politiciens cherchent à s’emparer de ce sujet pour servir leur parti politique.
    Il suffit de voir comment la droite s’est ruée sur le mouvement des pigeons…
    Mais quels choix avons-nous? Tous partir entreprendre et investir à l’étranger? Ce serait du gâchis surtout quand on voit le potentiel des startups françaises.
    Comme le dis Patrick, autant se battre et faire comprendre aux politiciens mais également aux français qu’une fiscalité punitive envers l’entrepreneuriat et la création de richesse n’apporte rien, bien au contraire.
    Mais j’avoue moi-même avoir parfois fortement envie d’autres horizons…

  31. Patrick 15 janvier 2013 at 5:32 #

    Must listen Business Angel France, l’interview commune de Tanguy de la Fouchardière, président de Paris Business Angels et de Jean-David Chamboredon sur FrenchWeb à propos de la baisse des investissements des Business Angels http://www.frenchweb.fr/debat-pourquoi-les-business-angels-ont-ils-moins-investi-en-2012/94073

  32. Philippe 18 janvier 2013 at 13:49 #

    Déjà que le capital risque est quasiment inexistant en France, sauf pour les grands groupes,ce nouveau coup dans le dos reflète bien la panique de nos gouvernants? et l’incapacité flagrante de gérer une crise profonde et toutes ces mesures inadaptées ne feront que confirmer que nous sommes déjà ,et depuis longtemps, dans un état en faillite, faillite qui sera précipitée si de telles fautes de gestion ne sont pas revues et que de véritables outils économiques et financiers ne sont pas rapidement mis en place: Aux armes citoyens…

  33. Franck LEGER 19 janvier 2013 at 12:39 #

    Vérifier vos factures EDF , les français payent le 4,9 milliards de dette de l’état envers EDF . Vous avez une ligne rajoutée ( CRDS) , c’est votre humble contribution au reglement de la dette de la gauche ! Bizarre EDF , n’a pas coupé le courant à l’Elysée ….

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